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 La sorcière cornue

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AuteurMessage
Karen
Psychomancien / Saarebas Tal'vashot.
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Messages : 32
Date d'inscription : 15/01/2011
Age : 26
Exprimez-vous! : L'Orgueil ne laisse aucune gloire derrière lui.

Feuille de personnage
Pays d'origine: Seheron
Profession / rang: Saarebas Tal'Vashoth
Race: Qunari

MessageSujet: La sorcière cornue   Mar 8 Fév - 22:41

Nom du RP : La sorcière cornue.
Statut : Fermé.
En attente de : Personne.
Localisation : : Dans une forêt près de Val Forest.

Le jeune homme s'avança prudemment dans le sentier. Il jetait des regards inquiets aux alentours, peut-être dans l'espoir vain de déceler l'entourloupe derrière les denses buissons de ronces. Au fur et à mesure de sa progression, la végétation de ce chemin champêtre, boisé et fleurit, flétrissait inexplicablement, ne laissant aux Hortensias pour se vêtir que d'immondes pétales grises et fripées. Les arbres d'habitudes si fournit en cette période de l'année s'étaient démunis de leurs feuilles ; ces dernières gisant, ternes, au côté de leurs racines qui reposaient sur le sol, noueuses et contractées comme le cadavre de gigantesques larves grises. Leurs écorces pleine de stigmates suintaient d'une sève sombre aussi poisseuse que du sang.
Il avait trouvé cela étrange de n'avoir entendu aucun animal ni cris d'oiseau en entrant dans ces lieux, ce n'est qu'en apercevant le spectacle désolant de cette végétation privée de vie qu'il en comprit la raison.

Il sentit un frisson parcourir son échine, épouvanté par la mort qui rôdait dans cet endroit qu'il considérait comme maudit. L'espace d'un instant, il pensa à faire demi-tour, mais, serrant les poings et reprenant courage, le jeune homme continua sa route. De son front ingrat couvert de boutons dégoulinait de grosses gouttes de sueur âcre. Il traversa une clairière ravagée qui aurait pu être le fait des engeances, morne et fade comme rongée par la souillure. Ses pas le menèrent vers un étang ou l'eau, stagnante, renvoyait des reflets si flous et effacés qu'on aurait pu la croire grisâtre ; d'ailleurs, tout ici avait pris la même couleur fadasse. Les arbres tenaient debout par la grâce du Créateur car, effrités par on-ne-savait quel maléfice, leur bois était en train de devenir poussière.

Au milieu de cet enfer de désolation, il y avait, assise sur un rocher au centre du bassin, lui-même rejoint par un chemin de pierre plate qui affleurait au-dessus de l'eau, la sorcière qu'il désirait voir ardemment. Son regard fut attiré par l'éclat d'un rubis incrusté dans le manche d'une lourde épée posée sur le roc. Toute la convoitise qu'il avait pu ressentir s'évapora lorsqu'il fit plus attention à la jeune fille. Sous sa capuche tissées dans une étoffe des plus délicate, il pouvait apercevoir ses yeux jaunes et brillants qui le fixait avec méfiance. Malgré son air farouche, fier et sauvage, elle était d'une beauté remarquable, pâle comme les nobles dames de la cour d'Orlaïs. Deux cornes cramoisies s'élançaient derrière sa tête, remarquablement lisses. Il n'avait jamais vu de Qunaris auparavant, alors aucun rapprochement ne fut fait dans sa tête. Tout ce qu'il pensait en cet instant, c'était que le démon la possédait pour l'avoir ainsi transformé à son image. Il fit un signe de croix sur sa poitrine pour éviter de se faire posséder lui-même par le malin.
Habité par une indicible terreur, il n'avait aucune idée de la manière d'agir pour lui soumettre sa requête. Il décida de tout faire pour lui plaire et se mit à genoux au bord de l'eau, la tête baissée.

-Je suis venu vous demander pitié, chuchota-t-il, sa voix perçant tout de même dans le silence oppressant de la clairière. Il reprit d'un ton moins timoré. Ma femme, Anya, est atteinte d'un mal que les prêtres ne peuvent guérir. Que le Créateur m'entende, j'ai prié jour et nuit mais aucun miracle n'est venu me faire grâce. Vous êtes mon dernier espoir, sorcière !

La sorcière, étonnement jeune, leva le menton et le regarda avec tout l'orgueil du monde.

-Que ton dieu sache que je n'ai aucun respect pour lui. Es-tu fou à ce point de prononcer son nom devant moi? Fou, je sais que tu l'es pour avoir eu l'audace de te présenter ici.
-Pardonnez-moi ma dame, de vous avoir offensé. Ne prenez pas compte de mon audace et acceptez ma requête, je vous en supplie !

Il ne pouvait la voir car son front frôlait le sol, son corps tout entier était pétris dans une posture de vénération. La jeune femme dodelinait de la tête, semblant réfléchir de la démarche à suivre. Il leva les yeux et la vit fixer un point dans le vide, comme si elle prenait le temps d'écouter les recommandations d'un interlocuteur invisible. Apeuré devant cette messe diabolique, le jeune homme baissa de nouveau la tête.

-C'est d'accord, déclara la sorcière après plusieurs longues minutes de silence. Ramène-moi ta femme demain, mais je veux mon dû. Amène-moi quelque chose qui soit susceptible de me rassasier.

Il se sentit soudainement allègre, tout d'abord pour avoir obtenu l'accord de la sorcière mais aussi pour ne pas avoir été transformé en crapaud. Il se releva vivement, aussi prompt à partir de cet endroit qui lui donnait la frousse que de retrouver sa femme souffrante.

-Je vous comblerais, ma dame ! Je reviendrais, un festin à la main, soyez-en sûre.
-Soit, j'attendrais, fit-elle en détournant la tête sans faire plus attention à lui. Il prit la poudre d'escampette sans demander son reste.

Le lendemain, alors que l'aube venait de se montrer en apportant son lot de rosée, le jeune homme revint, tenant un paquet d'une main et aidant sa femme à marcher de l'autre. Elle était enceinte. Il ne fit plus attention au pourrissement de cet endroit mais devait constamment rassurer sa mie qui malgré sa fièvre, était terrifiée. La sorcière, les voyant arriver, se leva de son abris. Elle regarda longuement la malade avant de tendre les bras.

-Qu'elle approche. Avec le paquet.

La femme prit la sacoche en lin qui lui donnait son mari et s'approcha, avec l'aide de celui-ci, du bords de l'eau ou était disposé le chemin en pierre. Heureusement pour eux, les dalles n'étaient pas glissantes, ce qui rendit leur progression moins difficile. Ils mirent un long moment pour traverser l'étang et mettre pieds sur l'ilot ou s'était réfugiée la Qunari, qui les regardait patiemment. La sorcière fronça les sourcils en apercevant la femme, ce qui inquiéta le jeune homme. Elle avait le teint blafard, pâle et moite comme un linge que l'on aurait trempé dans un marais et tenait difficilement sur ses deux jambes. De plus, elle supportait son ventre boursoufflé et rouge comme un fardeau douloureux. La Qunari s'empara du paquet et l'ouvrit délicatement. Elle y vit un poulet déplumé et cuit qu'elle referma aussitôt pour que sa saveur ne se mélange pas avec les cendres de ce lieux.

-Il a toujours été comme ça, son ventre, informa le jeune homme. Ca fait peu de temps qu'il laisse filer un liquide noir et gluant comme du riz trop cuit, et j'en retrouve tous les matins entre ses jambes.

La sorcière posa le paquet à côté de son arme et fixa la femme de ses yeux irréels. Elle approcha la paume de sa main de son ventre et, avant même de la toucher, ressentit une pulsation, un souffle macabre. Elle écarquilla les yeux.

-C'est la souillure. Vous êtes en train d'enfanter une engeance.

À ces dires, la femme laissa échapper un cri de panique. La sorcière ne se fit pas démonter pour si peu et appliqua l'entièreté de sa paume sur le ventre disgracieux. Elle ferma les yeux et se concentra fermement en déblatérant des paroles incompréhensibles. La femme ressentit un frisson et son abdomen, alors tiède, refroidit directement comme si son énergie vitale lui était prélevée. Retirant sa main et rouvrant ses yeux, la sorcière toisa les deux paysans inquiets.

-Vous enfanterez d'un mort-né. Après cela, vos problèmes disparaîtront. Tâchez à l'avenir de ne plus vivre sur les terres souillées par l'Engeance.

Rassuré, le jeune homme serra sa femme contre lui. Sa torpeur ne dura pas car il eut l'impression de voir l'espace d'un instant, une énorme silhouette menaçante au corps recouvert de cornes courbées se former au-dessus de la sorcière. Sa vision fut brève mais le malaise qui suivit le fit presque vomir. Il recula, horrifié, jusqu'au bord du rocher.

-Vous êtes bien sympathique ma bonne dame, vous êtes bien sympathique, bredouilla-t-il en reculant, pétris de terreur devant un tel pouvoir mais pas moins reconnaissant de ce qu'elle avait accomplis. Il tourna les talons et prit bien moins de temps pour retraverser le passage. Par après, il disparut dans la végétation pourrie sous le regard indifférent de Karen.

Elle tourna la tête vers Notch, le démon de l'Orgueil qui la suivait ou qu'elle aille à cause de ses capacités inconsciente à amincir le Voile autour d'elle et a laisser entrer les démons indirectement dans le monde matériel. Il lui fit un large sourire qui dévoila l'entièreté de ses dents pointue.
Ceci fait, la sorcière se détourna de lui et ouvrit le paquet contenant son dû.


_________________


"L’Immatériel a cela de bon qu’il est peuplé d’êtres supérieurs, parfois bon mais souvent cruels, et qu’ils ont pour bien un monde façonné à leur image. Les forces maléfiques qui habitent l’autre monde ne peuvent interagir au-delà du Voile pour faire des mortels leurs esclaves ; du moins, c’est ce dont j’essaye de me convaincre."
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