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Meldond Soberg
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MessageSujet: Retour aux sources   Jeu 20 Oct - 7:04

Je descendis l’allée principale du village de Borion, Orlais, pied des montagnes de la Dorsale de Givre. Je marchais en tenant la bride de mon cheval d’une main, le guidant à travers la petite foule qui traversait la rue achalandée malgré la grandeur modeste du bourg. C’était le coucher du soleil et le village s’apprêtait à finir une autre journée de labeur.

En gardant le capuchon de ma cape levé je jetai de rapides regards aux alentours, mes yeux abrités par l’ombre je distinguai vite la Chantrie locale loin devant moi dans le village. Je me détendis dès que je l’aperçu, les templiers ne s’aventureraient pas très loin de l’édifice et certainement pas dans une taverne sans raisons.

Sans prendre de chance je restai alerte, un village si petit remarquerait vite un nouvel arrivant, l’auberge serait la meilleure manière pour moi de passer inaperçu.

Je devais avoir quelques jours d’avance sur mes poursuivants, j’avais quitté la tour du Cercle de Ferelden il y a quelques semaines de cela et bien qu’on ne m’ait pas rattrapé, je ne me faisais aucune illusion sur mon statut de fugitif. Conséquemment, je prenais toutes les protections requises pour ralentir les templiers à mes trousses l’une d’entre elle et non la moindre était d’avoir obstrué la passe de Gherlen à l’entrée des montagnes du côté féreldien, seule voie d’accès d’importance traversant la chaîne de montagne.

Cela dit, il y avait d’autres moyens de communication, surtout pour les templiers qui de possédaient sans doute les ressources pour envoyer quelques pigeons voyageurs. Néanmoins, il suffisait d’être prudent, j’avais mûri ce plan depuis des mois et les possibilité d’être rattrapé avait été envisagé.

Puis, j’aperçu l’insigne d’une auberge « Le Gîte de la Dorsale », à l’allure respectable à défaut de mieux, malgré que la façade pourrait profiter d’une rénovation…

J’attachai les rennes de ma monture à l’endroit réservé à cet effet devant l’immeuble avant de me diriger à l’intérieur. Les rumeurs de rire et de détente émanaient des fenêtres ouvertes desquelles on pouvait voir l’achalandage abondant.

Comme de fait, du moment que je poussai la porte, je sentis une vague de chaleur s’échapper de l’immeuble, comme si ce dernier profitait de cette brèche dans le mur pour prendre une grande goulée d’air frais. Entre temps, j’avais relevé mon capuchon pour survoler la salle d’un regard indulgent un petit rictus aux lèvres, histoire de ne pas attirer l’attention plus que nécessaire.

De nombreux yeux se tournèrent, mais ils m’oublièrent rapidement et j’en profitai pour m’approcher du comptoir et attendit que le barman débordé daigne me remarqué.

"J'peux vous servir d'quoi m'sieur?"

"Oui, j'aimerais une pinte d'hydromel ainsi qu'une chambre pour la nuit, je risque de partir demain. J'apprécierais aussi que vous abritiez ma monture dans une stèle de votre écurie pour la nuit s'il vous plaît."

Mon langage riche le prit légèrement de court, mais il se ressaisit rapidement. Et s'approcha d'un tonneau pour préparer ma commande.

"Vous m'préviendrez quand vous voudrez aller vous coucher, me lanca-t-il. J'vas vous donner la clé."

J'hochai la tête respectueusement en lui souriant, puis une fois servi, je me retournai sur mon tabouret et observai d’un air détendu la salle en serrant mon manteau près de moi pour cacher mes robes.

Je bus tranquillement ma choppe en observant et en écoutant d’un air désintéressé les conversations.

Les auberges avaient été une redécouverte pour moi, n’ayant jamais entré de nouveaux à l’intérieure d’une depuis mon insertion dans le Cercle de Magi férediens. J’avais cessé de compter le nombre de fois où je profitais de la chaleur diffusé par les fenêtres alors que mes frères et mes amis écoutions les dernières rumeurs du village d’une oreille curieuse et en ricanant aux mésaventures des autres. Ou encore, des mauvais tours qu’on ait pu jouer à l’aubergiste pour nous amuser ou pour lui voler une pinte de bière. J’avais si hâte à ce moment là de pouvoir entrer et me joindre aux conversations et aux jeux qui s’y faisaient. La chaleur, l’atmosphère accueillante, les bons plats, les intrigues et les rencontres, tant d’attraits que j’appréciais tant à l’époque.

Mais avant que je n’aie eu la chance d’en profiter, mes capacités magiques s’étaient manifestées et on m’amena rapidement au Cercle. Les années passées dans le Cercle furent enrichissante, mais oppressante et pleines de tensions, cela me semblait comme respirer pour la première fois depuis ses années d’hiver à sous une fenêtre d’une taverne. Ces dernières étant dénuée de ses tensions, du moins, la plupart du temps cela va sans dire.

Reprenant une autre gorgée je savourai ce moment de détente, dans ce lieu où toutes aventures et toutes rencontres sont possibles.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Dim 30 Oct - 15:08

En arrivant sur les docks de Kirkwall, Sarevan monta à bord du premier navire qui quittait le port. Pour l'instant, il n'avait aucune idée de sa destination finale, mais il savait qu'il ne pouvait pas rester dans la ville sans être en danger ou mettre ceux qu'il chérissait en danger. Le premier bateau était un transport de marchandises en partance pour Orlais et il desservait les ports de Jader, Val Royeaux, Val Chevin et Cumberland avant de retourner à Kirkwall.
Sarevan monnaya son passage avec ce qu'il venait de récupérer sur les cadavres de ses assaillants et en offrant ses services pour récurer le pont et d'autres taches de sous-fifre. Le voyage ne fut pas des plus plaisant et après avoir passé trois jours à rendre tripes et boyaux, avoir aidé à repousser une attaque de pirates et une bonne tempête dans les deux semaines qui suivirent, Sarevan débarqua à Jader dans un piteux état. Mais il était vivant et hors de portée des sbires de la Coterie et c'était ça le principal.
Le jeune homme avait réfléchi à sa prochaine destination et pensait se rendre à Denerim. Il avait entendu dire que plus de dix mille elfes vivaient dans le Bas-Cloître de la ville. Il pourrait donc facilement se fondre dans la masse et essayer de s'installer avec la Guilde des Voleurs locale qui avec un peu de chance n'aurait pas entendu parler de lui.

C'était maintenant la deuxième nuit que Sarevan passait au "Gîte de la Dorsale" dans le petit village de Borion. Un pigeon était arrivé la veille à la Chantrie avec un message selon lequel un mage en fuite avait fait s'effondrer la Passe de Gherlen et il lui fallait maintenant faire le détour par Redcliffe pour rejoindre Denerim or la route n'était pas sûre pour un homme seul. Il frotta l'estafilade douloureuse sur sa joue attestant qu'il avait appris cette leçon lors de son trajet depuis Jader.

L'aubergiste lui avait assuré que des caravanes de marchands passaient régulièrement à Borion, graciant le "Gîte de la Dorsale" de leur présence et de leur argent. Sarevan pourrait probablement y trouvé une place de garde jusqu'à Redcliffe et peut-être plus loin encore. Les caravanes étaient très prudentes étant donné qu'il y avait encore quelques groupes d’engeances qui traînaient partout en Ferelden depuis l'Enclin.

Sarevan s'inquiétait que la bourse qu'il avait dérobée à Jader pour les besoins du voyage ne lui suffirait pas pour attendre les marchands dans l'auberge et il n'avait pas envie d'exercer ses talents à Borion de peur d'attirer l'attention. Il frissonna en repensant aux quelques nuits à la belle étoile qu'il avait passées sur la route : il avait plu toute la première, le laissant trempé jusqu'aux os pendant la journée suivante, il s'était fait attaqué par un couple de brigands durant la deuxième et des bêtes avaient mis son campement d'infortune à sac lors de la troisième. Alors non, il n'avait pas vraiment envie de retenter l'expérience seul.
Il devra probablement vendre de sa personne pour rester dans l'auberge. Sarevan repensa à la femme Templier qui était passée dans l'auberge la veille pour prévenir tout le monde contre le mage en fuite. Elle l'avait examiné des pieds à la tête, alors peut-être serait-elle intéressée...

Une voix bourrue le sorti de ses sombres ruminations.

"Eh l'elfe ! Ce soir, ça te tente ?"

Sarevan se tourna vers l'homme qui l'avait apostrophé. Dal, c'est ainsi que les autres clients de l'auberge l'appelait, l'avait déjà abordé la veille au soir pour tenter de le convaincre de participer au jeux de cartes auxquelles lui et son groupe s'adonnaient de manière joviale et bruyante. Sarevan avait refusé la veille de manière assez catégorique mais cela n'avait apparemment pas émoussé l'enthousiasme de cet homme qui agitait présentement un paquet de carte dans sa main gigantesque avec un grand sourire engageant. Sarevan avait appris qu'il était le chef d'un groupe de mineurs actuellement au chômage en attendant que l'expert envoyé par le propriétaire de la mine finissent ses relevés et leur indique un nouveau filon. Et avant de remonter les pentes de la Dorsale pour retourner dans les profondeurs de la terre, Dal et son groupe prenait un peu de bon temps à Borion.

Le jeune elfe soupira. Il ne pourra pas refuser les propositions de Dal tous les soirs alors autant s'y mettre une bonne fois pour toute et peut-être que Dal le laisserait ensuite tranquille. Il se leva avec sa pinte de bière et rejoignit le groupe de joueurs à leur table.

Mais Dal n'en avait pas finit d'inviter toute la salle. Il se tourna vers l'homme encapuchonné qui était entré quelques minutes auparavant.

"Et vous Messere voyageur ? Une petite partie de Grâce Perfide, ça vous dit ?"

Sarevan regarda Dal et le groupe de mineurs. Il suspectait maintenant que ces parties de carte était un moyen de jauger les étrangers qui arrivaient à Borion... Il se tourna vers l'aubergiste, et son impression fut confirmée par les coups d'oeil discrets mais presque autoritaires que ce dernier lançaient aux mineurs.

Sarevan dirigea alors son regard vers l'homme encapuchonné pour voir si lui aussi allait tombé dans le panneau...


Dernière édition par Opera le Dim 11 Déc - 23:15, édité 4 fois (Raison : Après avoir terminé ma partie en français, je sais enfin la traduction de Wicked Grace. C'est Varric qui propose une partie à Fenris pour qu'il essaye de rendre les 5 souverains qu'il lui doit.)
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Meldond Soberg
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Mer 2 Nov - 5:01

Je levai la tête de ma pinte.

Un homme à l’allure costaude l’intimait à venir vers lui, un paquet de cartes dans ses mains.

Bien que je n’ai absolument rien compris d’autre qu’une interpellation en ma direction, le regard et les gestes invitants du personnage me firent rapidement comprendre ce qu’il avait en tête.

Souriant légèrement, je m’avançai vers la table en zigzaguant entre les tables et les clients de l’auberge bondée tout en levant le capuchon de mon manteau de voyage. En m’avançant, une autre silhouette se dessina autour de la table.
Frêle, petite et à la physionomie très distinctive, l’elfe lui rendit son regard.

Ce dernier était jeune, très jeune. Il ne devait même pas avoir atteint la vingtaine. Son allure chétive et ses nombreuses taches de rousseur n’aidaient guère à lui donner un air plus vieux. Il portait une armure de cuir usée par-dessus des vêtements rapiécés et raccommodés à la main avec du tissu de fortune. Le genre d’attirail qui n’inspirait personne à lui chercher des noises. Son visage n’exprimait rien à première vue, mais en y regardant attentivement on pouvait déceler une pointe d’ennui et d’irritation. Légèrement surpris, j’essayai de garder mon expression neutre alors que j’arrivai prêt d’eux.

« Bonjour à vous! J’ai crû croire que vous m’invitiez à venir participer à une partie de cartes? Si c’est le cas, ça me ferait grand plaisir. »

« Vous m’avez pas compris, j’vous d’mandais de faire une partie de Wicked Grace, alors ça vous dit, dit-il d’un ton jovial? »

« Wicked Grace, par le Créateur ça fait des siècles… dis-je en riant et en m’installant à la table, eh bien aussi bien m’y remettre, j’ai toujours aimé ce jeu. Pendant que j’y pense, puis-je connaître votre nom monsieur…? »

« Moé c’est Dal, un plaisir messere, répliqua-t-il d’un ton toujours aussi bourru en passant les cartes avec la dextérité d’un habitué. »

Un brin gêné à l’idée que je sois l’objet de l’ennui de l’elfe, je n’osai pas lui parler directement.

Nous avons commencé la partie et elle s’étala pendant un petit dix minutes, les mises étant échangées sans qu’aucun des joueurs ne prennent l’avantage, je pris la chance à ma disposition pour examiner de plus près mes deux interlocuteurs.

Dal était un homme rustre et de toute évidence sans éducation. Son langage peu soigner et très crû mixer à son air jovial cachait cependant quelque chose d’étrange, ses intonations avaient de fausses notes, comme s’il ne faisait qu’acter son air. Plus je l’observai moins je me sentais à l’aise, il parlait d’un ton bruyant en riant à gorge déployée, buvant sa cervoise comme un porc alors qu’il en renversait sur lui par inadvertance, par manque de dextérité, ou possiblement par un état d’ébriété déjà avancé. Bref, rien qui me garderait à cette table plus que la politesse ne le demande.

Cependant, autant Dal était imposant et bruyant, autant l’elfe était petit et silencieux. Jouant sans dire plus de mots que nécessaire et nous observant Dal et moi. Mon examen me fit remarquer qu’il semblait accorder les mêmes regards irrités à Dal me faisant comprendre que c’était ce dernier qui le lassait, me rassurent momentanément. Puis, suivant une observation plus approfondie j’aperçu sa musculature légère sous ses manches le genre de force sèche et nerveuse que les personnes agiles possèdent généralement. Une musculature que vint expliquer son armure et le très subtil manche de couteau à peine visible de ma position. Cette dernière découverte vint expliquer les cicatrices guéries marquant ses poignets et ses paumes, et celle plus fraîche le long de sa joue.

J’eus un rictus. Je m’en étais douté dès que j’avais remarqué l’armure, mais ça le confirmait maintenant, il devait être un hors-la-loi de bas étages. Au moins j’avais pensé à ne pas mettre mon argent au même endroit, n’empêche j’avais intérêt à surveiller ma bourse…

Intrigué, et légèrement amusé par sa discrétion je brisai le silence qu’il gardait obstinément.

« Quel bougre je fais, j’ai oublié de vous demander votre nom! Pardonnez-moi jeune homme. Laissez-moi vous le demander maintenant, histoire que je répare une bévue aussi ridicule. »
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Jeu 3 Nov - 1:51

Sarevan appréciât de jouer quelques manches de Wicked Grace. Il se dit que détrousser Dal de la sorte serait une juste répartie pour sa curiosité mal placée. Et cela lui permettrait peut-être de gagner sa prochaine nuit à l'auberge.
Pendant un instant, le jeune elfe repensa avec un brin de nostalgie à la dernière partie qu'il avait jouée à l'Auberge du Pendu. Il s'était fait plumé jusqu'à sa chemise par une pirate qui lui avait ensuite fait les avances les plus ostentatoires qu'il ait jamais vues. Il n'avait pas osé utiliser leur différence d'âge certaine pour la refouler et lui avait simplement demandé de lui enseigner quelques trucs et astuces en échange. Il aurait demandé un meilleur prix s'il avait su qu'il récolterait quelques démangeaisons mal venues qu'il s'était empressé de faire soigner.
Il mis néanmoins à profit l'enseignement de la pirate et tricha sans aucune vergogne dès que l'occasion se présentait mais faisait tout de même attention à perdre quelques mains histoire de ne pas trop attirer la colère des deux autres joueurs. Dal était de toutes façons trop ivre pour véritablement s'en rendre compte maintenant.
Cependant plusieurs coups d'oeil désapprobateurs de la part de l'autre homme retinrent sa main à de nombreuses reprises. Sarevan ne savait pas exactement si le voyageur avait vu à travers sa supercherie, si son accoutrement lui déplaisait (il s'était lavé la veille, ce ne pouvait pas être l'odeur) ou s'il n'était simplement pas très sympathique envers les elfes.

Cette dernière considération fut balayée lorsqu'il s'excusa profusément et lui demanda son nom. En effet, si cet homme ne portait pas son espèce en estime, jamais il ne s'excuserait de la sorte ni n'emploierait un ton aussi respectueux.

L'elfe se sentit quelque peu gêné de ne pas non plus avoir eu la démarche de s'être nommé.

"Sarevan", répondit-il simplement en tendant la main et en serrant celle qui venait à sa rencontre.

Il n'avait pas vraiment envie d'étayer d'avantage sa présentation. Bien qu'il sache pertinemment que la Coterie était loin de posséder la dimension internationale des Corbeaux d'Antiva ou un goût aussi prononcé pour la vendetta, il ne savait pas exactement ce que l'organisation mettrait en oeuvre pour le retrouver. Il doutait d'être poursuivit cependant, car elle ne disposait probablement pas d'assez d'hommes pour se permettre d'en envoyer à sa recherche pour un gain quasi nul.
Il préférait tout de même jouer la prudence en évitant de trop en dévoiler.


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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Ven 4 Nov - 7:52

« Sarevan, me répliqua simplement l’elfe en me serrant la main d’une fermement »

À son contact, je sentis la force tranquille et nerveuse qui habitait la main de ce dernier. Saveran était quelqu’un initier aux arts de la furtivité, ça ne faisait plus aucun doute dans mon esprit, surtout depuis que j’avais cru le voir essayer de tricher avec dextérité à plusieurs reprises dans la partie.

Malgré tout je ne laissai rien transparaître en gardant un sourire léger et aimable.

« Un plaisir Sarevran, vous pouvez m’appelez Alphonse, Alphonse Garois. »

Dans l’optique de retarder aussi longtemps que possible se pouvait mon arrestation par les templiers, j’avais pris la décision de changer de nom durant mon escapade. En effet, il aurait été complètement idiot de conserver le nom par lequel mes poursuivants me recherchaient et cette simple précaution pourrait sans aucun doute les ralentir dans leurs recherches ce que je n’allais pas refuser.

D’expérience, j’avais déjà observé des mages quitté et être réintégré dans le Cercle. Les chances qu’il me rattrape étaient d’autant plus importantes que mon phylactère était en leur possession. Mon idée de bloquer la passe de Gherlen m’assurait une avance son négligeable sur eux, mais tôt ou tard il me rattraperait, je ne me faisais pas d’illusion là-dessus. Et quand il me rattraperait… eh bien… je verrai ce qu’il conviendra de faire.

Conséquemment, la moindre faute piste pouvant les ralentir serait la bienvenue. J’avais un travail à accomplir en ce monde de désolation et le salut d’une révolution dans la structuration du Cercle de Magi dépendait sûrement de ce que j’accomplirais.

J’avais rédigé il y a des années de cela maintenant plus de dix ans une thèse sur une proposition de réforme dans la structuration des Cercles de magie de Thedas. J’étais certain de la validité de mon opinion et des impacts positifs qu’apporteraient une décentralisation des Cercles et la possibilité d’offrir aux mages la l’opportunité d’aider le peuple à l’aide de ce cadeau du Créateur.

Préférant la voie plus simple et injuste, ils nous confinèrent, nous isolèrent et cultivèrent l’esprit de révolte dans nos rangs, créant un cercle vicieux ou les récalcitrants leur donnaient raisons.

Que croyait-il gagné en faisant cela, si ce n’est « protégé » le reste du monde de ce que nous sommes. Je savais que tous mages étaient un risque de par les démons qu’ils attiraient, mais je savais aussi qu’un mage moindrement puissant et encadré ne constituait pas une menace aussi redoutable que ce que plusieurs personnes imaginaient. Si on nous permettait d’aider la population nous pourrions faire tellement. Guérir, aider, servir pour le meilleur, tant d’idées que j’avais mûries en l’espoir d’être reconnu, mais qui n’avaient eu aucunes répercussions. Mon idée avait disparut dans l’immensité des bibliothèques du Cercle.

Cette chance était peut-être la seule que j’aurais de démontrer concrètement ma théorie, ce qu’un mage pouvait apporter à tous si on lui en donnait la possibilité. Et j’avais bien l’intention de m’en servir.

Je retournai mon attention sur la partie.


Dernière édition par Meldond Soberg le Ven 11 Nov - 4:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Lun 7 Nov - 23:56

Lorsque le voyageur se présenta sous le nom d'Alphonse Garois, Sarevan le regarda l'espace d'un instant perplexe. L'homme parlait avec un accent féreldien cependant portait un nom orlésien ? Mais après tout pourquoi pas, si près de la frontière où tout se mélange... Les habitants de Borion eux-mêmes n'avaient pas un accent aussi prononcé que celui des quelques immigrés de Val Royeaux avec lesquels Sarevan avaient eu l'occasion de discuter à Kirkwall.
(OOC : oui, l'accent orlésien ne transparaît pas vraiment dans la version française de DAO ou de DAII, Wink)

Aussi Sarevan se remit-il bien vite de sa surprise et distribua une nouvelle manche, les cartes glissant facilement entre ses doigts agiles. Mais Dal n'en restât pas là, tirant ses propres conclusions. "Ça a pas dû êt'e facile de grandir là-bas après la Rébellion, avec un nom orlésien," grogna-t-il. "Surtout que vous deviez pas êt'e bien grand lorsque l’Ère des Bontés s'est finit."

Il avala une longue gorgée avant de planter son coude sur la table, sa pinte à la main, qu'il agita sous le nez de ses deux compagnons de jeu au fil de ses paroles, la bière menaçant de déborder à chaque mouvement. "Si vous voulez mon avis, ils auraient dû rester bien sages sous l'occupation orlésienne. Ils n'auraient pas eu tout ce bazar pendant l'Enclin, si l'armée orlésienne et les Chevaliers avaient été là pour s'en charger sous la direction d'un gouverneur prenant ses ordres directement de l'Impératrice Célène." La langue gonflée par l'alcool, il prononçait les syllabes difficilement, mais il continua néanmoins, la véhémence lui faisant hausser le ton "Mais non ! Il a fallut que ces bons-à-rien se battent pour leur indépendance ! Ces bâtards à l'haleine de chien n'ont eu que ce qu'ils méritaient avec cette guerre civile ! Et tout ça pour mettre un bâtard de putain sur le trône !" Il frappa la table de son poing, le contenu de la pinte déborda, se déversant inévitablement sur le bois et quelques cartes avant que Sarevan ne parvienne à les secourir d'une noyade certaine.

Dal voulait certainement inciter une ferveur nationaliste de la part d'Alphonse lorsqu'il avait commencé à déclamer sa tirade mais son ébriété l'avait rendu imprudent dans son ton et ses gestes et son choix de mots malheureux.
Une bonne partie des conversations s'étaient arrêtées et la plupart des clients s'étaient retournés en entendant cette dernière injonction, certains se tendant visiblement. Probable qu'il y en avait quelques uns de féreldiens dans le lot. Un homme se leva justement d'une table voisine et s'approcha de la leur, une lueur menaçante dans les yeux.
Sarevan pouvait déjà voir où la confrontation entre les deux hommes allaient les mener. Il ramassa discrètement ses gains dans sa bourse et incita Alphonse à faire de même d'un coup d'oeil prudent.

Lorsque l'homme se planta les poings sur les hanches devant Dal et le défiât de répéter ce qu'il venait de dire, Sarevan entendit distinctement l'accent féreldien. Il remarqua les mineurs de Dal éparpillés sur les tables voisines assis en compagnie de - oh ! quelle surprise ! - d'autres voyageurs comme lui ou Alphonse se redresser pour observer l'échange houleux qui commençait tandis que d'autres voyageurs, féreldiens de même, se levaient pour soutenir leur compatriote.
Les lèvres de Sarevan se soulevèrent en un rictus. Si c'était de la ferveur nationaliste qu'il voulait, Dal allait être servit.

L'aubergiste, comprenant que la situation allait dégénérer, s'approcha rapidement du couple belliqueux, les mains tendues en avant en signe d'apaisement et une litanie d'incitations à la raisons se déversant de ses lèvres grasses. Mais il n'eut pas le temps de les atteindre avant que le premier coup tomba, le gigantesque poing de Dal s'étant abattu sur la mâchoire du féreldien avec un bruit sinistre.

Sarevan se leva rapidement et agrippa la manche d'Alphonse alors que la bagarre générale éclatait dans la salle commune, le menant hors de portée des coups les plus hardis alors qu'ils naviguaient entre les tables, dont certaines étaient déjà renversées.

Une fois dehors parmi ceux qui avaient réussi à sortir de l'auberge indemnes, Sarevan éclata de rire. Lui qui voulait se faire discret à Borion, et voilà qu'il allait être catalogué comme l'elfe assis à côté du fomentateur de troubles, partageant probablement les mêmes idées extrémistes.
Lorsque son rire fut calmé, il se tourna vers Alphonse.
"Je serais bien resté à l'intérieur pour mettre sa dérouillée à Dal mais je me suis dit que vous ne seriez pas à l'aise au milieu de tout ce bordel."
Bien sûr, il mentait : avec son poids plume, il n'aurait pas réussit à amocher le chef des mineurs avant de se faire envoyer dans le décor mais il pensait sérieusement qu'il aurait peut être pu mettre un ou deux autres hommes moins costauds au tapis.

Il avait presque envie de retourner à l'intérieur maintenant qu'Alphonse était hors de danger. Il pourrait récupérer quelques bourses sans que personne ne s'en rende compte dans la confusion générale. Il regardait indécis la porte grande ouverte du Gîte de la Dorsale d'où sortait en courant ou en tombant les clients plus ou moins amochés, certains se relevant immédiatement pour retourner à l'intérieur.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Dim 13 Nov - 19:56

Par tout ce qui est saint… mais qu’est-ce que j’avais bien pu faire pour mériter ça. De toutes les foutues personnes de cette auberge il fallait que je me sois assit avec le seul idiot assez fou et patriotique pour déclencher une bagarre juste à côté de moi. La garde ne tarderait pas à venir, et j’avais passé beaucoup trop de temps à côté de Dal pour ne pas être associé à ce qu’il a fait, même si c’était faux. Dans le cas où je n’avais rien fait de grave on m’aurait sans doute discrédité rapidement, mais j’étais en fuite. Il ne suffirait qu’un mot mal placé pour que tout tourne mal! Et moi qui voulait « revivre les beautés et mystères des auberges »… j’aurais mieux fait d’aller au lit sans faire d’histoire!

Mes choix se limitaient à vue d’œil… rester à Borion serait trop dangereux, on me chercherait certainement un moment et même si je me cachais, du moment que les templiers entendraient ne serais-ce qu’une rumeur de ma présence, il mettrait tout en œuvre pour me retrouver. Je n’avais nullement l’intention de résister trop fortement à mon arrestation, si je pouvais m’échapper je le ferais, mais je préférais de loin éviter toute altercation…

Quitter serait la meilleure solution, et le plus tôt possible cela va de soi. Avant qu’il y ait la moindre chance qu’un templier entende parler de l’affaire.

Mais il y avait Sarevan, lui aussi l’avait vu trop longtemps et du moment qu’il serait questionné sur l’affaire, il pourrait révéler une foule de détails probablement, il devait avoir l’œil aussi vif que sa main, aucune chance qu’il oublie des éléments.

Alors qu’il riait à s’en décrocher la mâchoire je mis toute mon énergie à trouver une solution et vite!

J’en vins à une conclusion rapide, la seule qui me semblait prometteuse ou qui à tout le moins avait une chance de me tirer de là et peut-être même plus…

Après avoir fini de rire, Sarevan se tourna vers moi

"Je serais bien resté à l'intérieur pour mettre sa dérouillée à Dal mais je me suis dit que vous ne seriez pas à l'aise au milieu de tout ce bordel."

Ironique qu’il formule ça ainsi étant donné que je souhaitais précisément me sortir de ce bordel... sûrement pas le même qu’il avait en tête, n’empêche…

Je pris un air sévère qui laissa l’elfe perplexe.

« Suis-moi, je dois te parler, lui ordonnais-je en faisant un pas de côté pour lui indiquer l’écurie modeste à une dizaine de pas de nous. Ta bourse me remerciera »

Inquiet puis intrigué par ma demande dès que je l’eus fini, il s’avança vers le bâtiment. Je lui emboîtai le pas. Dès que nous franchîmes la porte je jetai un coup d’œil pour m’assurer qu’il n’y avait pas de gardes, et une fois rassuré je la fermai totalement.

« Je ne passerai pas par quatre chemin Sarevan, je n’ai pas le temps pour les finesses, continuais-je en gardant mon air grave. Pour faire simple j’ai tout intérêt à ce que la garnison ne me repère pas et le sublime exemple de patriotisme de Dal me place dans une position plus que gênante. Je dois quitter la ville, mais j’ai aussi besoin de quelqu’un pour effectuer une certaine tâche dont je ne peux m’acquitter moi-même. Or, tu semble posséder exactement les attributs nécessaires pour la remplir. »

Je jetai un coup d’œil par une des nombreuses fissures dans le mur de l’écurie, toujours aucun homme en arme à l’horizon.

« Je te propose deux choses, tu m’aides à me sortir d’ici et à remplir la tâche sur laquelle j’ai besoin d’assistance, et en retour je te fais traverser en Ferelden en te récompensant monétairement, assez pour que tu vives heureux des mois, voir des années selon ta notion de dépense… Intéressé?»
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Mar 15 Nov - 21:45

Dès que Sarevan franchit la double porte des écuries, une forte odeur de crottin et de paille lui assaillit les narines. Quelques chevaux piaffèrent pour accueillir les deux hommes, espérant peut-être un peu d'avoine supplémentaire. Alphonse referma les deux battants, les plongeant tous deux dans une obscurité presque totale, quelques fentes entre les grosses planches de bois constituant les murs laissant passer quelques rayons de lumière de la lanterne suspendue à l'entrée du Gîte de la Dorsale. Les chevaux se calmèrent rapidement mais Sarevan continua de jeter des coups d'oeil anxieux vers les box les plus proches. Il n'avait jamais monté l'une de ces bêtes, et la dernière fois qu'il avait eu affaire à un bourrin ne lui avait pas laissé de bons souvenirs. Le jeune elfe fit jouer sa cheville gauche et l'articulation laissa entendre un léger craquement là où la ruade de l'étalon d'un noble, énervé qu'on ose entraver sa route, avait broyé ses os. Et là encore, la magie d'un apostat l'avait sauvé en lui permettant de ne pas boiter à vie.

En écoutant ce qu'Alphonse avait à lui dire, Sarevan oublia sa cheville et les chevaux, et dirigea son attention toute entière sur l'homme qui se tenait devant lui même s'il ne discernait pas grand chose du visage de son interlocuteur, et encore moins de ses intentions, dans la pénombre ambiante. L'elfe se demandait si le peu de temps qu'ils avaient passé à jouer aux cartes et à échanger quelques mots avaient été suffisant pour qu'Alphonse puisse se faire une idée précise de ses capacités. Même s'il savait qu'un bon juge des caractères ou un expert des jeux de cartes pouvait se faire une opinion correcte de quelqu'un uniquement à partir de sa manière de jouer, Sarevan ne pensait pas qu'Alphonse était à ce point versé dans l'étude de la psychologie d'autrui, mais après tout, que savait-il de cet homme nommé Alphonse Garois ?

Aussi, ce fut emplit de suspicion que Sarevan vit le voyageur encapuchonné se pencher précautionneusement pour observer l'extérieur à travers une fissure et qu'il écouta sa proposition. Il comprit qu'Alphonse était peut-être dans une position similaire à la sienne, à éviter d'attirer l'attention pour échapper à d'éventuels poursuivants. Pas étonnant qu'il n'ait pas baissé une seule fois son capuchon dans l'auberge !
Au vu de ses manières et de la coquette somme d'argent qu'Alphonse lui proposait, Sarevan pensait avoir peut-être en face de lui un noble ou un riche bourgeois dont la fortune aura probablement attiré l'oeil trop inquisiteur de gens peu désirables.

Evidemment, l’appât du gain attisa chez le jeune elfe un grand intérêt, bien plus que la perspective d'un voyage sûr en Férelden, qui n'était après tout qu'une destination parmi tant d'autres qu'il n'avait choisie que par caprice et dont il se lasserait peut-être avant même d'être arrivé à destination. Mais Sarevan avait appris à ne pas accepter un travail dont les détails et la planification étaient intentionnellement flous, cela l'avait à de trop nombreuses reprises embarqué dans des histoires dont il se serait bien passé.

Il croisa les bras sur sa poitrine et pris un ton délibérément distant, comme s'il n'était pas plus que ça tenté par cette proposition. "Tout dépend de cette autre tâche pour laquelle vous pensez que j'ai les compétences requises." Il resta silencieux le temps d'une longue inspiration, pour faire croire à Alphonse qu'il ne voyait pas exactement à quelles compétences il faisait référence. "Expliquez-vous d'abord, et je verrais si je peux vous aider."




Dernière édition par Opera le Mer 16 Nov - 20:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Mer 16 Nov - 1:30

Je détournai mes yeux des fissures du mur en bois pour regarder l'elfe qui me toisait. Je ne répondis pas sur le champ, tentant de percer son expression malgré la noirceur et n'y arrivant que peu. Sarevan était sur ses gardes... rien de plus compréhensible considérant ma proposition. J'avais tenté de garder les détails volontairement flous. Priant pour que l'appât du gain lui fasse oublier toute hésitation. Malheureusement pour moi, cet elfe était plus malin qu'il lui en aurait donné crédit. Ou bien il était expérimenté et il n'avait qu'une méfiance professionnel. Ou encore ce n'était qu'un pauvre jeune homme innocent sans histoire...

Bien trop en manque de temps pour pousser ma réflexion j'optai pour l'option un, ses cicatrices laissaient présager qu'il s'était peut-être frotté à un trop gros morceau par le passé et je n'étais pas dupe à l'image "innocente" qu'il cherchait peut-être à mettre de l'avant.

Il avait l'esprit vif, mais il semblait ne rien comprendre à ce que je sous-entendais. Je lâchai un juron dans mon esprit... m'étais-je trompé? Étais-ce l’option trois? Si ce n'était pas un hors-la-loi avare, révéler autant d'infos ne m'aiderait guère. Je lâchai un petit rire sec qui se voulait décontracté mais dont la fausse note me parut à moins même perceptible.

"Prudent à ce que je vois... comme je te l'ai dit je n'ai pas le temps pour les finesses alors laisse moi te répondre brièvement. La tâche correspondra à récupérer un objet, un objet qui m'est particulièrement précieux et qui est en la possession de gens peu recommandables. Ce ne sera pas facile, mais le salaire sera bien entendu proportionnel. Comme je te l'ai indiqué cependant, cela reste une part de ma proposition, tu peux accepter celle plus simple de m'aider à quitter la ville, mais la récompense sera drastiquement moindre."


Je m'éloignai de la porte pour caresser la tête de ma jument qui n'avait pas arrêté de me fixer avec espoir depuis mon entrée impromptu.

"Quant à vos compétences... je crois que ça ne sert à rien de jouer les ignorants, commençais-je d'un ton volontairement détaché comme si j'étais simplement en train de dire un fait avéré Avec de la chance si c'était vrai il serait surpris de voir que j'avais deviné juste. Dans le cas contraire, la peur et la surprise serait la réponse la plus plausible..."

"Votre armure usée indique que vous êtes quelqu'un pour qui elle a une utilité. Ce n'est pas simplement par apparat, la preuve vient de vos mains et vos poignets que j'ai remarquer durant notre partie, ces derniers étaient couverts de cicatrices. Cicatrices qu'on peut difficilement attribué au poignard à votre ceinture puisque vos mains sont trop agiles pour que vous vous soyez blessé autant de fois par accident. Ce ne peut être qu'une arme donc. Or, les personnes qui manient ce genre d'armes sont rarement des guerriers, j'en ai vu assez pour savoir que ce n'est guère une arme de prédilection pour ces personnes. Cependant, se doit être la vôtre puisque vous n'avez aucune autre arme sur vous. De plus, un guerrier n'hésite pas à montrer ces dernière pour dissuader les fauteurs de troubles. Étrangement dans votre cas, ce n'est qu'un coup de chance que ce dernier m'apparut visible entre vos vêtements puisque vous semblez prendre beaucoup de précautions pour ne pas le rendre évident. Considérant toutes ses observations, vous semblez quelqu'un de discret, d'agile et en mesure de vous défendre. Les deux premières étant exactement les talents dont j'ai besoin pour récupérer l'objet en question sans être repéré."

Je refis face à Sarevan, mon long manteau bruissant faiblement contre le sol et la paille.

"Ne vous en faîtes pas, vous avez bien joué, continuais-je calmement tout en priant le Créateur de tout ma ferveur pour que mon monologue s'avère fondé et qu'il m'aide! Cependant j'ai un bon sens de l'observation et j'ai déjà eu affaire à des jeunes enfants du même genre par le passé, vous avez quelques points communs avec eux. Si ça peut vous aider à faire votre choix, je peux vous offrir mes deux demandes en échange d’or et d’un service à votre discrétion, peut-être pourrais-je me rendre utile à vous comme vous le serez à moi."

Je retournai à la porte de l'écurie pour jeter un regard entre les fissures, les premiers gardes approchant non loin de là.

"Avec ses éclaircissements, est-ce que vous acceptez? Si vous voulez plus de détails je suggère que nous sortions d'ici en premier. Le temps est une denrée rare dans mon cas."

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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Mer 16 Nov - 23:04

Sarevan scruta Alphonse alors que ce dernier livrait ses explications. Il salua son sens de l'observation d'un hochement de tête et ne tenta pas d'avantage de jouer les ingénus quant à la nature des capacités impliquées.

Le jeune elfe se demanda à nouveau s'il avait affaire à un noble. L'homme était apparemment riche, portait des vêtements d'excellente facture, parlait de manière distinguée et courtoise... Il possédait même un cheval !
Un bien étrange noble qui respectait les elfes suffisamment pour s'adresser à l'un d'eux poliment, qui voyageait seul et passait ses soirées dans des auberges populaires...
Ses poursuivants étaient des gens puissants avec la main assez longue pour pouvoir potentiellement s'appuyer sur les gardes d'un village aussi reculé que Borion. Alphonse s'était-il attiré les foudres d'une figure politique de premier plan ? Sarevan eut envie de siffler pour montrer à quel point il était impressionné mais il s'abstint car il ne s'agissait là que d'élucubrations sorties de son esprit errant.

Sarevan sortit de ses pensées, il saisit brusquement l'avant-bras d'Alphonse, alors que celui-ci se penchait pour regarder à travers une fente de la porte, et serra.
"Je vous préviens tout de suite : s'il s'avère que cet objet que vous recherchez se trouve être une personne, vous vous débrouillerez seul. Je ne fais pas dans la libération d'otages !"
Trop dangereux, trop de complications, trop d'inconnues...
Trop de sang...

Lorsqu'un Alphonse interloqué hocha doucement la tête en signe d'assentiment, Sarevan le relâcha et exhala longuement, des muscles qu'il n'avait pas eu conscience de bander se détendant subitement. Il se rendit compte qu'il avait été un peu brusque et, gêné, il recula de quelques pas.
Il se pencha à son tour pour observer à travers l'une des fentes de la porte et aperçu un groupe de quatre gardes qui accouraient vers l'entrée du Gîte de la Dorsale. Trois d'entre eux entrèrent à l'intérieur tandis que le quatrième restait à l'extérieur pour rassurer les clients rassemblés devant l'auberge.

Le jeune elfe se creusait la tête pour trouver une diversion qui permettrait au voyageur encapuchonné de quitter l'écurie et le village sans être vu.
Sarevan sentit Alphonse se tendre à ses côtés à mesure que les secondes s'écoulaient, la situation devenant probablement critique pour lui.

Soudain, il se mit à sourire.
Il n'aimait pas du tout l'idée qui venait de germer dans son esprit mais il ne pouvait pas se permettre de faire la fine bouche dans le contexte actuel.
Il montra d'un geste vif la jument d'Alphonse. "Dépêchez-vous de sceller votre cheval et tenez-vous prêt à galoper couché sur l'encolure," asséna-t-il, d'un ton autoritaire qui n'enjoignait pas à la réplique. Il n'y avait plus de temps pour être diplomate et courtois.

Pendant qu'Alphonse s’exécutait, Sarevan ouvrait les portières des boxes une à une et donna ses instructions :
"A l'ouest du village, il y a un chemin qui arpente la Dorsale. Il mène vers les mines mais elles sont actuellement fermées donc le chemin n'est que très peu emprunté et la porte ouest est peu gardée." Sarevan n'avait vu qu'un seul planton lorsqu'il avait fait son repérage de Borion durant la journée écoulée et pensait que ce serait toujours le cas maintenant, même après la nuit tombée.
"Un quart de lieue après la sortie du village, il devrait y avoir une clairière." Le jeune elfe était moins sûr de cette information, n'ayant pas vu l'endroit lui-même mais ayant entendu Dal et son groupe en discuter.
Les clameurs qui provenaient jusque là de la salle commune commençaient déjà à s'estomper lorsque Sarevan ouvrit le dernier box. "Je vous y retrouverai dans une cloche et nous continuerons lors notre discussion sur cette autre tâche pour laquelle vous requérez mes services," conclut-il avec une certaine morgue et un sourire défiant.

L'elfe se précipita pour ouvrir les battants de la porte des écuries en grand, attirant quelques coups d'oeil curieux en provenance de l'attroupement devant l'auberge. Il vérifia qu'Alphonse était monté avant de se saisir d'une épaisse lanière de cuir suspendue à un présentoir à côté de la porte.
Avec une grande appréhension, il se glissa derrière les chevaux et cravacha d'un grand coup claquant chaque croupe avant de se jeter sur le côté pour éviter les éventuelles ruades.

Très vite, le fracas des sabots et les hennissements affolés des chevaux en déroute attirèrent d'avantage de regards, non pas curieux ceux-là mais plutôt ébahis...
Sarevan vit Alphonse entamer son escapade, couché sur l'encolure de sa jument, et pria le Créateur qu'il était aussi bon cavalier qu'il le semblait.
Le jeune elfe profita également du flot tourmenté pour s'esquiver, priant plus fervemment encore qu'aucun des animaux ne le piétinerait.

***
Le Créateur se sentait apparemment d'humeur magnanime ce soir, car Sarevan réussit à se faufiler sans trop de dégâts vers l'arrière de l'auberge où il entra à l'abri des regards par la porte de service.
Il referma doucement derrière lui avant de tourner son regard vers la grande pièce qui composait la cuisine du Gîte de la Dorsale. A sa droite s'ouvrait la porte d'une pièce de stockage, sur sa gauche brûlaient des feux surmontés de marmites ou de quartiers de viandes, devant lui s'étalait une grande table de préparation derrière laquelle se tenaient une femme d'âge mûr et quelques enfants dont l'aînée était aussi grande que lui. A demi détournés de la porte légèrement entrebâillée menant à la salle commune d'où ils observaient jusque là le spectacle des gardes calmant la foule, ils toisaient le nouveau venu, médusés.

Il s'approcha d'eux, mettant en avant ses deux mains vides en signe de paix. Il s'arrêta à distance respectable et expliqua son prédicament.
"Je ne vous veux aucun mal, à vous ou à vos enfants, Serah. Mais j'ai besoin de votre aide." Il resta silencieux pendant un court instant et remarqua que la femme de l'aubergiste se détendit quelque peu, ce qui l'encouragea à continuer. "Au vu des évènements de ce soir, je ne peux malheureusement pas rester dans votre auberge, Serah. Vous comprendrez que je ne tiens pas à avoir un entretien particulier avec la garde de Borion." La femme plissa les yeux et le détailla des pieds à la tête mais hocha néanmoins du chef. Sarevan persévéra donc : "Si vous aviez l'obligeance d'envoyer l'un de vos enfants chercher mon paquetage dans ma chambre pour le redescendre ici, je vous serais extrêmement reconnaissant." Il pêcha un souverain d'or dans sa bourse qu'il déposa sur la table entre un plat en étain remplit de viandes oubliées là et des cruchons de bière, à distance égale entre lui et la femme. Elle s'en saisit d'un geste d'une vivacité n'équivalent que son avidité, et croqua dans le métal pour vérifier son authenticité. Satisfaite, elle désigna sa fille aînée du menton, cette dernière tourna son attention vers l'elfe. "Premier étage, troisième chambre sur la droite," lui souffla-t-il en déposant dans sa main tendue la clef qu'il avait conservée jusque là. Elle opina et s'éclipsa rapidement.

Sarevan se tourna de nouveau vers l'épouse de l'aubergiste et déposa d'autres pièces sur la table. "Par ailleurs, si vous pouviez vous séparer de quelques miches de pain, d'un fromage et de quelques oignons ou des fruits, vous me combleriez, Serah." Les pièces disparurent bien vite encore un fois et la femme donna un coup de coude à un autre de ses rejetons qui fila dans la pièce de stockage derrière Sarevan pour en ressortir les bras chargés de vivres qui furent emballés pour le voyage.

L'aînée était revenue et lui tendait son paquetage à bout de bras. L'elfe la remercia chaleureusement et rangea les victuailles à l'intérieur, de sorte qu'elles ne fussent pas trop écrasées pendant la course qu'il allait bientôt falloir entreprendre.
Avant de repartir, Sarevan déposa le reste de son argent sur la table. "J'espère pouvoir compter sur votre discrétion et votre compréhension, Serah." Il se dirigea vers la porte par laquelle il avait fait irruption et la main sur la poignée, il se tourna vers eux et leur sourit. "Que le Créateur bénisse votre gentillesse," conclut-il avant de sortir.
Aucun d'entre eux n'avait élevé la voix et l'elfe avait été le seul à parler dans leur échange. Sarevan comprenait.

Dès qu'il fut dehors, le jeune homme glissa entre les maisons vers la porte nord d'où partait la route pour Jader par laquelle il était arrivé. Si jamais le passage d'Alphonse avait été remarqué à la porte ouest, il valait mieux que Sarevan n'emprunte pas le même chemin pour qu'on n'associe pas les deux hommes. Il se présenta devant les gardes à la porte nord comme si de rien n'était. Lorsqu'on lui posa la question de savoir pourquoi il quittait Borion alors que la nuit était tombée, il répliqua assez naturellement que c'était parce qu'un pigeon voyageur était arrivé à la Chantrie avec un message à son intention qui requérait qu'il se rende sur le champ à Jader pour embarquer sur un navire qui partait dans trois jours. Le garde siffla et lui souhaita bon courage, ça n'allait pas être facile d'arriver à temps !

Sarevan sortit ainsi de Borion sans trop de problème, probablement pour ne plus jamais y mettre les pieds. Il marcha au pas de course sur la route jusqu'à ce qu'il soit sûr d'être hors de portée de vue ou d'ouïe des gardes de la porte nord. Il obliqua alors vers le sud-ouest et s'enfonça sous l'épais couvert des conifères qui tapissaient les pentes de la Dorsale de Givre.
Il eut toutes les peines pour s'orienter et retrouver le chemin qui montait jusqu'aux mines, la faible lumière du croissant de lune perçant avec difficultés à travers les branches chargées d'épines.
Lorsqu'il rejoint enfin le chemin caillouteux, son horloge interne lui indiqua que plus d'une cloche s'était écoulée depuis que lui et Alphonse s'était séparés et il espéra que ce dernier ne se lasserait pas d'attendre et ne tournerait pas bride parce que l'elfe tardait.

Sarevan ne savait nullement si l'endroit où il avait débouché était à moins ou à plus d'un quart de lieu de village et vers où il devait se tourner pour rejoindre la clairière. Il décida de prendre la pente ascendante et continua sa marche silencieuse en espérant avoir fait le bon choix.

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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Sam 26 Nov - 10:29

"Je vous préviens tout de suite : s'il s'avère que cet objet que vous recherchez se trouve être une personne, vous vous débrouillerez seul. Je ne fais pas dans la libération d'otages!"

Sa réplique me prit au dépourvu et me laissa un brin perplexe. Quelle drôle de déclaration! N’avais-je pas spécifiquement mentionné que je cherchais un objet, d’où sortait-il ses otages?!

Mais en même temps, tu t’es un peu attiré ces assomptions avec tes mystifications vagues…

Au moins ne m’étais-je pas trompé. Sarevan serait parfaitement capable de remplir la mission que j’avais en tête, ça ne faisait plus aucun doute.

Malgré mon soulagement momentané, je fus surpris et légèrement secoué par la rigidité et la ferveur que dégageait l’elfe, si bien que je n’arrivai à répondre qu’avec un lent hochement de tête qui sembla suffire.

Prenant sans doute lui-même compte que son attitude me mettait mal à l’aise, il se recula d’un pas.

Je lui cédai la place lorsqu’il se pencha pour scruter à l’extérieur. Dès qu’il se recula de nouveau, je le fixai avec appréhension pendant que les secondes s’allongeaient, chacune resserrant sans doute l’étau. Son air pensif me confirmait au moins qu’il se démenait pour me sortir de là.

Puis il sourit.

"Dépêchez-vous de seller votre cheval et tenez-vous prêt à galoper coucher sur l'encolure, ordonna-t-il impérieusement."

Je m’exécutai sur-le-champ, peu enclin à négocier étant donné qu’il était devenu à mes yeux le maître de la situation.

Alors que je m’assurai que tout mon matériel était là (par bonheur, on n’avait pas touché à mes sacoches de selles!), je l’entendis dans mon dos.

"À l'ouest du village, il y a un chemin qui arpente la Dorsale. Il mène vers les mines, mais elles sont actuellement fermées donc le chemin n'est que très peu emprunté et la porte ouest est peu gardée."

Voilà l’information dont j’avais besoin, la porte ouest serait ma porte de sortie! Je montai sur ma jument et ce n’est qu’une fois installé dessus que je me rendis compte d’un détail assez étrange… Sarevan avait ouvert toutes les boxes et les animaux piaffaient dans l’allée principale de l’écurie. Que comptait-il faire!

"Un quart de lieue après la sortie du village, il devrait y avoir une clairière. Je vous y retrouverai dans une cloche et nous continuerons lors notre discussion sur cette autre tâche pour laquelle vous requérez mes services,"

Enregistrant précieusement ces informations, mon inquiétude grandit néanmoins lorsque je le vis ouvrir en grand les portes de l’écurie, laissant le peu de lumière de la soirée pénétrer dans le bâtiment. Je paniquai légèrement. Bien que je ne fus pas du tout un expert à la discrétion, le but n’était-il pas justement de ne pas être vu?!

Puis en une fraction de seconde. Je compris exactement ce que Sarevan comptait faire…

Avant que je ne puisse l’interpeller, les premiers coups de cravache volèrent, les chevaux hennirent, et les sabots martelèrent le sol avec frénésie en le faisant trembler alors que les bêtes quittaient l’écurie au galop.

Un cavalier d’expérience aurait pu calmer sa monture sans problème sans doute, mais je n’étais pas un cavalier d’expérience. La seule expérience que j’avais remontait à mes jeunes années dans l’écurie de mon père… et on parlait de base.

Ma monture partie au galop, elle aussi apeurée par l’étrange elfe à la cravache.

Peinant pour garder mon équilibre, je luttai pour garder mon équilibre. Les autres chevaux tournèrent à gauche vers l’est et sentant ma bête les suivre, je mis toutes mes capacités à tirer les rennes de l’autre côté d’une main, en me tenant à la scelle de l’autre. La résistance que j’opposai ralentit ma monture qui lutta à grands coups de ruades
pendant quelques secondes pendant que j’étais balloté d’un côté et de l’autre.

Durant la débâcle, je remarquai du coin de l’œil que le garde qui était posté à l’entrée du Gîte, voyant qu’il n’avait aucune chance de stopper le flot de muscle en sa direction avait sauté dans l’abreuvoir et y était encore.

Je ne voyais rien de l’auberge, mais ces collègues viendraient bientôt…

Alors que je perdais espoir, mon cheval fit volte-face et partit en galopant vers l’ouest, à mon plus grand soulagement!

Un soulagement qui fut vite entamé par mon capuchon qui tomba de ma tête, découvrant mon visage. Peinant tout de même à chevaucher, je ne pus le redresser, conséquemment je priai fervemment le Créateur pour que personne ne puisse me remarquer ou me décrire trop précisément.

La position plus stable du galop à laquelle j’étais habitué me permit de reprendre le contrôle. J’obliquai alors vers la gauche dès que je pus afin de quitter la rue principale. Avant de disparaître de l’avenue, je me permis un dernier regard en direction du Gîte. Les chevaux descendaient toujours la rue, les 3 autres gardes à leurs trousses pendant que le second tentait de sortir de l’abreuvoir.

Rassuré de les voir trop occupés pour m’avoir vu, je m’engouffrai dans la petite ruelle.
Cette dernière déboucha vite sur une seconde artère, parallèle à celle que je venais de quitter, et remarquant ce trait, je la longeai en direction de l’Ouest au trot pour m’approcher de la palissade sans avoir l’air trop pressé.

Dès que ma monture avança à un pas plus convenable, je remontai aussitôt mon capuchon. Puis je me mis à réfléchir furieusement sur la suite…

J’échafaudai un plan hâtivement, il n’était pas parfait, mais si les renseignements de Sarevan étaient vrais, il devrait suffire.

L’obscurité avait pris le dessus sur le village de Borion, et les rues, à mon arrivée très achalandée étaient maintenant complètement désertes, ou presque. Tout semblait être parfait.

Une fois à une hauteur suffisante, la porte ne devant se trouver qu’à quelques pas de dizaines de mètres sur l’autre rue principale à ma droite, je tournai dans la ruelle la plus proche pour rejoindre la voie principale.

Dès que j’eus tourné… je me retrouvai face à la Chantrie de l’autre côté de l’avenue…
Pestant des jurons d’un ton sifflant, j’hésitai quelques secondes dans l’allée où je me trouvais.

Bien sûr que Sarevan n’aurait pas anticipé la Chantrie! Il ne pouvait se douter qu’ils étaient les poursuivants.

Je ne pouvais pas hésiter plus longtemps, les deux templiers postés à l’entrée de la porte me repéreraient si je restais sans rien faire trop longtemps. Surtout que je fixai l’établissement.

Maudissant mon idiotie pour ne pas m’être rendu compte de ce détail… je fis avancer ma jument la tête inclinée. Je rejoignis la rue sans problème, et dès que je tournai à gauche, rendant les deux templiers invisibles dans mon angle mort, je retins mon souffle, paré à attendre les ordres qu’ils allaient me lancer…

Mais rien ne se passa et je m’éloignai vite de la Chantrie pour m’approcher de la porte ouest. Je pris une profonde inspiration en voyant que je n’avais pas été repéré… Quelle chance! Le Créateur veillait sur moi on dirait ce soir.

J’arrivai à la hauteur de la porte et le seul garde posté me regarda approcher quelques instants puis s’avança de quelques pas vers moi.

-Salutation messere, me demanda-t-il d’un ton aimable, mais strict.

-Bonjour monsieur, lui répondis-je en hochant la tête.

-Comptiez-vous quitter Borion?

-C’était mon intention en effet, poursuivis-je d’un ton calme.

-Dans ce cas-ci j’ai le regret de vous annoncer qu’il me faut procéder à un examen de vos possessions, ordre de la Chantrie. Je suis désolé de ce retard, mais les ordres sont les ordres.

Je me figeai sur la selle, mes espoirs s’effondrant.

Ça ne pouvait pas être un bon signe… s’ils étaient au courant, il ne leur faudrait guère de temps pour comprendre que le bâton emmailloté sur mon cheval ne servait pas à marcher…

-Bien sûr, répliquais-je d’un ton légèrement faux, priant pour que le garde ne le sente pas… et mon cerveau de nouveau en ébullition pour trouver une solution?!

Tu voulais prouver ton point… alors fait avec!

Je lui emboîtai le pas, toujours sans idée… plus je m’approchai du portique de la petite structure de bois à proximité, mais je semblais en trouver.

Puis, dans la lumière des torches de la salle où le garde entra, j’aperçus la lueur argentée d’un plastron métallique. Le casque du même matériel sur la table vint confirmer la peur instiller par le plastron à l’épée enflammée de la Chantrie.

Le templier discutait à quelqu’un d’autre adosser au mur adjacent à la porte duquel je ne pouvais pas voir. Un autre templier?!?

Ils savaient réellement alors, ce n’était plus une assomption, c’était une certitude!

Je figeai de nouveau littéralement désemparé.

Le garde se tourna à demi.

Ah et puis zut! Ils étaient déjà au courant… si j’hésitais trop maintenant, aussi bien leur laisser me passer les mains aux menottes tout de suite!

Je n’étais pas du tout un amateur d’entropie… Sa philosophie me dégoutait un brin, cela dit je m’étais mis à l’étudier sérieusement lorsque j’avais entendu parler d’un sort de son répertoire que je jugeais des plus pertinents.

Le templier tourna sa tête vers moi.

Sans lui laisser le temps de penser à quoi que ce soit, je levai mes bras, une sphère blanchâtre translucide s’y formant avant de la lancer au centre de la pièce.

Il se leva en commença à prononcer

-Apost…

Mais ses paroles s’éteignirent lorsque la sphère explosa en une pénombre noire comme l’encre, absorbant toute lumière. Le templier sentit l’intrusion psychique et je vis ses traits se tordre alors qu’il luttait contre les effets du sort.

Moi-même je redoublai d’ardeur. Mais le fait que je l’ai pris par surprise me donna la victoire, et l’instant d’après, les trois hommes s’écroulèrent au sol, endormi.

Je poussai le garde hâtivement dans le bâtiment, fermant la porte derrière la scène pour me donner un peu de temps.
Je me retournai pour m’assurer que personne n’avait vu la scène.

Apparemement personne… Mais je ne resterai pas pour le voir par moi-même!

Je courrai à ma monture que j’enfourchai rapidement.

Alors que je partis au galop, j’entendis derrière moi des voix à laquelle je ne prêtai aucune attention, à leur simple ton, je devinai le contenu. C’était sans doute les templiers de la Chantrie.

Je continuai le galop effréné de ma jument, le chemin encore légèrement éclairé me permis de me passer de lumière temporairement. Je parcourus rapidement la distance indiquée par Sarevan et je rejoignis approximativement la distance dont il m’avait parlé.

Un peu plus loin sur ma gauche en direction de la montagne j’aperçus un chemin en terre battue à l’allure peu fréquenté. Comprenant de quoi il s’agissait je l’empruntai sans hésiter. Mon investigation fut longue et difficile, néanmoins je rejoignis la clairière dont Sarevan m’avait parlé, aisément repérable de par la route, fort heureusement.

Je fis avancer ma bête dans l’herbe haute. Cette dernière piaffant d’épuisement, et moi respirant d’un air saccadé à cause du stress. Je restai immobile un long moment. Plusieurs minutes plus tard et aucun son de poursuite étant audible, j’en déduisis que les templiers n’avaient pas voulu lancer la chasse en pleine nuit, ou qu’ils étaient lancés sur une fausse piste. Ce que j’espérais tout mon cœur. Priant pour une énième fois ce soir le créateur pour qu’il m’accorde sa grâce.

Toujours sur mes gardes je me mis à préparer mon campement pour la nuit. Espérant que Sarevan me trouve…
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Sam 26 Nov - 16:16

Sarevan s'arrêta brusquement en poussant un juron qui aurait fait rougir une prostituée. Dans la nuit silencieuse, son souffle, rendu un peu court à cause de son ascension, lui semblait retentir à chaque expiration. Le jeune elfe se retourna pour contempler ce qu'il pouvait voir du chemin qu'il venait de parcourir en contrebas. Après un quart de cloche à marcher dans une monotonie des plus complètes, il lui fallait bien admettre qu'il s'était trompé de route lorsqu'il avait émergé du couvert des arbres.
Un contretemps de plus dont il se serait bien passé...
Sarevan soupira et rajusta les sangles de son paquetage avant de repartir en sens inverse.

La descente du sentier montagnard fut à la fois plus rapide et plus dangereuse que la montée, chaque amas de cailloux pouvant se dérober sous les pas alourdis du piéton, lui faire perdre l'équilibre, et menacer de lui tordre les chevilles. Il finit néanmoins par retrouver la clairière où il avait donné rendez-vous à Alphonse. Au son de ses pas, l'homme se retourna brusquement et méfiant, il le regarda s'approcher, adoptant une posture prête au combat, une main tendue devant lui. Sarevan continua cependant, jusqu'à être suffisamment proche pour être reconnu. Il releva un sourcil amusé, se demandant comment Alphonse aurait fait s'il avait vraiment été l'un de ses poursuivants, désarmé comme il l'était.
Une fois sûr qu'Alphonse n'allait pas... quoi ? Lui enfoncer ses doigts dans les yeux ? Lui envoyer un crochet de la droite dans la mâchoire ? Partir en courant sous les conifères ? Bref, une fois qu'Alphonse se fut détendu, Sarevan s'excusa pour son retard et lui fit part de son soulagement qu'il l'eut attendu.

Puis, le jeune elfe observa avec surprise le campement qu'Alphonse avait monté, détaillant chaque objet pour essayer d'en déduire des informations sur leur possesseur. La plupart étant encore emballée, il n'en tira rien de concluant... Sarevan n'avait pas eu dans l'idée de passer la nuit à un quart de lieu du village où se trouvaient probablement les poursuivants d'Alphonse et pensait plutôt s'arrêter le temps de discuter en détails, hors de portée d'yeux inquisiteurs et d'oreilles indiscrètes, de ce que l'autre voyageur attendait de lui, avant de repartir et de marcher toute la nuit s'il le fallait pour mettre le plus de distance entre eux et leurs ennemis...
Mais après tout, si aucun d'eux n'avait provoqué la suspicion des gardes lors de leurs sorties respectives du village, ils pouvaient peut-être s'estimer bénéficier d'un répit suffisamment long pour passer la nuit dans la clairière. Aussi Sarevan voulut-il s'en assurer : "Vous n'avez eu aucun problème lorsque vous êtes sorti de Borion ?"


Dernière édition par Opera le Dim 27 Nov - 22:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Dim 27 Nov - 3:51

Plus d’une cloche s’était écoulée depuis ma cavalcade dans le village, j’avais attendu durant tout ce temps dans la pénombre que la nuit épaississait au fur et à mesure qu’elle-même s’ancrait dans le ciel.

Tout ce temps, nul son de chevaux ou d’êtres hostiles ne furent audibles. Pas plus que des torches furent visible, ceci me calmant graduellement.

Ils avaient dû décider, comme je le spéculais, de ne pas me poursuivre sur le champ. J’en étais pratiquement sûr étant donné que si j’avais pu profiter des dernières lueurs d’un soleil disparu à l’horizon, eux n’auraient aucunement cette chance considérant le temps qu’ils organisent une battue pour me pister.

Satisfait, je me mis à l’œuvre pour allumer un feu, rassemblant les brindilles et herbes hautes qui se trouvait près de la lisière du bois et de la clairière. J’allumai l’amoncellement à mes pieds à l’aide d’une petite flamme que je déplaçai à l’intérieur, de sorte à ce que la combustion ait lieu et se diffuse bien.

Le feu n’était pas l’élément que je manipulais le mieux. Je connaissais les quelques bases qu’on m’avait montré, mais je n’avais jamais approfondi ce répertoire de l’école primaire.

Néanmoins, la flamme fit son œuvre, si bien qu’un petit feu modeste, mais tout de même confortable pour cette nuit fraiche d’été, prit vie. Satisfait, je me tournai vers ma jument (il fallait vraiment que je lui trouves un nom à celle là, après tout ce qu’elle m’avait permis de traverser!).

Cette dernière légèrement ébranlée par tout ce que lui était arrivée était demeurée anxieuse et apeurée un bon moment. Mais le calme dans lequel elle se trouvait depuis une cloche la rassura considérablement.

Je ne dépaquetai pas mes effets, m’assurant simplement que rien ne manquait. Comme de fait tout était en place. Après tout je n’avais passer que peu de temps dans le Gîte.

Soudain, j’entendis un bruit dans mon dos, léger et discret. Je fis volte-face prestement, la main tendue pour me protéger.

Ce que je vis en lieu et place du templier que j’avais à l’esprit se trouva à être Sarevan.

L’elfe avançait vers moi à travers la clairière.

Je baissai ma main et rabaissai mon capuchon en affichant un sourire aimable.

Il s’excusa prestement de son retard (ce dont je ne m’étais pas vraiment rendu compte tant j’avais été préoccupé à guetter les templiers). Et lorsqu’il ajouta son soulagement du fait que je l’aie attendu, je lui répondit en riant qu’il n’y avait pas de quoi, après tout, n’étais-je pas celui qui avait le plus intérêt à l’attendre!

"Vous n'avez eu aucun problème lorsque vous êtes sorti de Borion ?"

Si il savait…

Et il allait le savoir, à l’instant, lui cacher trop de détails m’avait attirer que des ennuis.

Je ne lui cachai donc pas la nouvelle en poussant un profond soupir tout en abaissant mon regard vers les flammes modestes.

-J’ai bien peur que si. Andraste veilla sur moi durant toute cette escapade puisqu’à plus d’une occasion j’ai pu profiter de sa grâce. Mais juste avant de quitter la ville, aux portes de cette dernières en fait, on m’a repéré.

En remémorant ces instants, je ne pus m’empêcher de pousser un juron.

-Bref, tout ne vas pas comme je l’espèrerais. Cela dit, je serais surpris qu’il commence à me poursuive ce soir. Trop difficile et risqué. Cependant, nous sommes trop près du village en ce moment. Si jamais il commence tôt demain, ils seront sur nous en moins d’une heure. Il nous faut monter plus haut dans la montagne, j’espère que vous ne voyez pas d’inconvénient à cela… nous n’avons pas le choix.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Lun 28 Nov - 0:27

(OOC : une lieue (anglaise) = presque 5 km, donc la clairière à un quart de lieu de Borion est à un peu plus d'1 km, soit pas plus de 20 minutes de marche à allure normale. Sinon, après réflexion, je me suis dit que vu que le sentier mène à la mine, il doit au moins être assez large et plat pour qu'une charette pleine de charbon, ou tout autre minéral qu'on peut en extraire, puisse descendre au village. Donc mes histoires d'amas de cailloux traîtres sous les pas dans le post précédent sont peut-être un peu exagérées... Mais je suppose que le chemin continue après la mine mais est moins pratiquable, et ça devient vraiment un sentier montagnard...?)



Sarevan fixa le feu avec dédain. Les flammes ne devaient pas avoir été allumées depuis longtemps mais déjà, une mince colonne de fumée s'élevant au-dessus de leurs têtes et vers l'immensité du ciel, peut-être visible de Borion même, signalait leur position exacte. Qu'est ce qui avait bien pu passer par la tête d'Alphonse ? Le jeune elfe racla le sol de sa botte pour les recouvrir de terre et de poussière et les étouffer prestement. Une cloche pour les retrouver ? Alphonse était optimiste. Sarevan ne leur donnait pas plus d'une demi-cloche au maximum... Et encore, il aurait vraiment fallu qu'ils soient à pieds et qu'ils prennent leur temps.

Il posa ensuite son paquetage à ses pieds pour s'accroupir et en sortir une gourde dont il bu quelques gorgées avant de la tendre à Alphonse qui fit de même. En attendant que sa gourde lui fut rendue, il joua avec le bout de son oreille déchirée en réfléchissant à toute allure.
Il ne savait pas exactement à qui Alphonse faisait référence, mais il déduisait des paroles et du ton de son compagnon qu'il ne s'agissait pas que d'un ou deux mercenaires à la loyauté douteuse. S'ils n'étaient pas déjà sur leur trace, celà ne pouvait signifier qu'une chose. Il leur fallait la nuit pour organiser leurs moyens et envoyer une équipe bien préparée pour une battue. C'est à dire qu'ils seraient efficaces et minutieux, probablement montés et peut-être même avec des chiens.
Quelles seraient leurs chances d'en réchapper si des chiens étaient à leur trousse ? Quoi que... Alphonse n'avait pas eu le temps d'imprégner quoi que ce soit de son odeur lors de son court passage à Borion, mais les draps de la chambre d'auberge fourniraient l'odeur de l'elfe à leurs poursuivants. Cependant, il y avait peu de chance que ce soit lui qu'on poursuive étant donné qu'il avait justement emprunté la porte nord pour éviter d'être relié à Alphonse. Donc, probablement pas de chien...?
Et s'ils utilisaient un sort pour les retrouver ? Il y avait une Chantrie à Borion mais pas de Cercle. Néanmoins, il n'était pas exclut qu'un ou plusieurs mages y soient quand même affectés. Ou même, si on connaissait les bonnes personnes, il y avait toujours moyen de trouver un apostat en manque d'argent. Donc, probablement un mage..? Arg !

Sarevan se pinça l'arrête du nez tout en secouant légèrement la tête de droite à gauche et en poussant un grand soupir. Dans quel pétrin s'était-il embarqué cette fois-ci ?

Il rangea la gourde dans son paquetage qu'il rajusta sur ses épaules.
"Je n'y vois aucun inconvénient," dit-il à l'adresse d'Alphonse, répondant un peu tard. "Nous discuterons en chemin."
Le jeune elfe attendit quelques instants que son compagnon soit lui aussi prêt à repartir.

Sarevan pensa que c'était à lui d'aborder le sujet et de poser les questions relatives à cette autre mission pour laquelle Alphonse souhaitait l'engager mais il tint sa bouche close alors qu'ils entamaient leur ascension de la Dorsale du Givre. Il écouta les sons qui accompagnaient ses pas : les sabots de la jument, le frottement de la cape d'Alphonse sur ses vêtements, les éventuels cliquetis en provenance de leur paquetage respectifs, la jument renâclant de temps à autres...
Lors de son périple sur la route entre Jader et Borion, le silence de la nuit en pleine campagne, tellement différent du fond sonore constant de jour comme de nuit que l'on pouvait entendre dans toute cité, lui donnait le sentiment d'être complètement hors de son élément, perdu. Sa respiration lui donnait l'impression de retentir comme le soufflet d'une forge, ses pas lui semblait résonner sur des lieues à la ronde, le moindre de ses mouvements faisait crisser les fibres de ses vêtements, le cuir de ses bottes et de son armure... Aucune de ces nuits n'avaient été plaisante et ne lui avait permis de se reposer correctement, sans parler de celles où il s'était fait attaquer par des bandits et des bêtes.
Alors, outre la récompense matérielle qui l'attendait, Sarevan avait aussi probablement accepté d'aider Alphonse ne serait-ce que pour ne plus avoir à affronter ce silence assourdissant.

Lorsqu'il se fut plus ou moins fait à ce nouvel environnement sonore, il décida d'entrer dans le vif du sujet mais ne savait pas par quoi commencer. Il avait tant de questions mais la plupart n'était pas du genre de celles qu'il posait à un employeur : trop personnelles, trop dangereuses. Et, s'il doutait qu'Alphonse était du genre à lui trancher la gorge parce qu'il avait osé poser une question dérangeante à l'instar de ses employeurs habituels, il ne voulait pas non plus le froisser.

"Dites m'en plus sur cet objet que vous voulez que je dérobe," dit-il pour briser le silence. C'était une question suffisamment large pour commencer, il affinerait en fonction après.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Lun 28 Nov - 4:44

La nuit était officiellement tombée, l’obscurité dense m’empêchait de distinguer quoi que ce soit de très éloigné. Malgré ce problème, l’idée que j’avais eu quelques minutes plus tôt d’allumer une torche me sembla idiote considérant la manière explicitement exaspérée avec laquelle Sarevan avait éteint sans cérémonie le feu que j’avais préparé dans la clairière.

Nous avancions donc dans les ténèbres, tâchant de mettre le plus de distance possible entre le village et nous.

Le silence qui avait précédé l’arrivée de Sarevan avait repris sa place depuis notre départ. J’étais légèrement embarrassé par la stupidité dont j’avais fait preuve avec le feu, et conséquemment, la gêne m’empêchait de dire quoi que ce soit. Le manque de parole n’empêcha pas moins la forêt autours de nous d’égayer le calme par les multiples bruits qu’elle produisait, nous rappelant que notre procession silencieuse était sûrement épié malgré l’impression de solitude que nous avions.

La forêt, sans m’effrayer comme plusieurs, ne me mettais plus à l’aise autant qu’avant. Dans ma jeunesse, j’avais plus d’une fois erré dans celle près du bourg. Mais après plus de trente ans passé dans une tour de pierre, les anciennes habitudes se perdent…

Le silence fut troublé pour la première fois depuis notre départ.

"Dites m'en plus sur cet objet que vous voulez que je dérobe,"

Nous y étions…

L’idée de révéler ces informations à Sarevan m’inquiétait. Après tout, c’était un voleur, les personnes de sa profession ne constituait pas les personnes les plus fiables par la définition mêmes de leur métier. Toute l’ampleur de ce qu’avais décidé de faire en embarquant Sarevan dans cette histoire m’apparut nettement.

Et s’il échouait à récupérer le phylactère. S’il était capturé, qu’est-ce que lui ferait mes geôliers? Est-ce qu’il l’abattrait? Ou encore si en apprenant à qui je faisais allusion, il prenait peur et s’enfuyait. Pire, s’il se joignait à eux pour éviter des représailles et les guidaient à moi!?

Je ne savais pas quoi répondre à moi-même. Cependant, il m’apparut clair qu’aussi sincèrement que je voulais rester honnête envers lui, il y a des choses qu’il ne devait pas savoir tout de suite. Ou peut-être devais-je lui dire tout de suite, le rassurer et le mettre de mon côté avant de l’envoyer chercher le phylactère.

Mon silence se prolongea.

Je ne pouvais pas faire durer cela, chaque seconde passé alimentait sa suspicion. J'optai pour le demi-mensonge.

-Il s’agit d’une fiole. Une sorte de flasque contenant un liquide bien précis et dont j’ai absolument besoin. La flasque n’est pas dangereuse en soit, mais il me serait d’une grande utilité de la posséder. Or, ce sont mes poursuivants qui la possède.


Je tournai ma tête vers lui par réflexe, mais l’obscurité voilant ces traits je m’aperçu vite de l’inutilité du mouvement. Aussi je continuai d’observer la route pour m'aider à rester enligné sur le chemin.

-C’est tout, ce n’est que cette fiole. Pas d’otages ou de butin. La dernière fois qu’on m’a rapporté une description de cette dernière, le contenu avait été glissé à l’intérieur d’une autre flasque, elle-même inséré à l’intérieur d’un pendentif. Je sais qu’ils la transportent avec eux en permanence. Il faudra que vous la trouviez, elle sera sur un des hommes qui m’ont pris en chasse.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Lun 28 Nov - 6:44

Sarevan ne pressa pas Alphonse pour répondre. Il avançait d'un pas sûr, évitant les branches qui avaient poussé en travers du chemin ou les rares ornières qui le parsemaient. En entendant la jument d'Alphonse trébucher à deux reprises, il se rendit compte que son compagnon n'avait peut-être pas autant l'habitude de la vie nocturne que lui et ne voyait pas aussi bien que lui. Aussi, le jeune elfe tâcha de mener le voyageur monté dans son sillon, et de lui faire éviter les désagréments de la route. De cette manière, ils iraient peut-être suffisamment loin pour avoir une longueur d'avance sur les poursuivants d'Alphonse...

Lorsque ce dernier décrivit l'objet dont il était question, Sarevan fronça les sourcils. Une fiole remplie de liquide encastrée pour former un pendentif ? Dans le genre bijou fragile, ça se pose là. Pas le type d'ornement porté par tout le monde, si on exclut les Templiers et leurs...
Sarevan s'arrêta net, plusieurs pièces de l'énigme appelée Alphonse Garois s'assemblant soudain dans son esprit.

Il se fit violence pour éviter de se retourner et de poser la question qui lui brûlait les lèvres. Au lieu de ça, il se remit à marcher, essayant de faire passer son immobilisme soudain pour un besoin d'analyser le terrain, afin de contourner une ornière qui n'existait pas.
Pas ses affaires. Si le client n'abordait pas le sujet, alors Sarevan respecterait son silence. Enfin, certaines informations clefs du style "nos adversaires sont des Templiers" ne sont pas vraiment à omettre d'après lui...

Sarevan contempla un instant l'idée que l'homme monté sur une jument derrière lui était un Apostat en fuite. Il était vraiment loin du compte dans ses hypothèses du noble pris dans les filets d'intrigues politiques... En même temps, il y avait des mages issus de familles nobles, mais ils ne se pointaient généralement pas sur le devant de la scène publique. Il n'aurait pas été surpris qu'Alphonse fut de ceux-là. Il se demanda si c'était lui qui avait fait s'effondrer la passe de Gherlen. Il y avait des chances que oui, la distance et la durée de voyage entre Gherlen et Borion coincidaient à peu près avec le jour de l'effondrement et le soir de l'arrivée d'Alphonse au Gîte de la Dorsale.

Le jeune elfe reprit ses précédentes déductions : pas de chiens, pas de mage à leur poursuite, mais une bande de Templiers drogués au lyrium.

Sarevan sourit malicieusement dans l'obscurité : mage et Templiers ? Il y avait de quoi demander un joli bonus sur son pactole. Il tenta de rendre sa voix neutre mais intérieurement, il trépidait à l'idée que ce petit boulot pouvait devenir un vrai chalenge : "Qui sont vos poursuivants exactement ? Vous avez une idée de leur nombre, de leurs ressources ?"
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Lun 28 Nov - 22:54


Le chemin était tortueux et mal entretenu. À tout le moins c'était l'impression que donnait les gestes de Sarevan, qui s'arrêtait et se penchait à plusieurs reprises pour envoyer des débris voler de chaque côté du chemin.

Après que ma monture manqua trébucher une seconde fois, je décidai de mettre pied à terre qu'afin de m'éviter une mauvaise chute.

Ma décision tomba à pic, puisqu'au même moment Sarevan s'immobilisa sur le chemin.

Le temps que je descendes il ne bougea pas d'un pouce et même quelques secondes après que je fus descendu il ne fit pas mine d'avancer.

J'allais lui demander ce qu'il se passait, mais il se décida enfin a avancer, me forçant à lui emboîter le pas.

Son silence m'intriguait, mais comme il devait probablement échaffauder un plan ou imaginer l'objet que je lui avais décrit pour s'en faire une idée.

Puis vint l'inévitable question.

"Qui sont vos poursuivants exactement ? Vous avez une idée de leur nombre, de leurs ressources ?"

Continuant selon la décision que je m'étais fixée, je lui répondis.

-C'est un homme influant de Ferelden nommé Greagoir. IL possède des ramifications un peu partout en Ferelden et à la frontière orlésienne. Il se considère comme un justicier, et me croit un criminel. J'ai dû fuir ma sécurité étant donné que c'est faux. Je suis en fuite depuis quelques semaines.

Quant à savoir le nombre de ceux qu'il a mis à mes trousses. Je me serais bien en mal de vous répondre. Jusqu'à présent ils ne m'ont pas ratrappé et je suppose qu'il a trouvé un moyen de prévenir son réseau d'informateurs à Borion avant mon arrière, d'où le pourquoi on m'a repéré. Ce dont je suis sûr c'est que le groupe principal est loin derrière. Au moins 5 jours su ce n'est pas une semaine complète. En ce qui concerne ses ressources je ne vous cacherai pas qu'elles sont vastes même si son influence est limité a Ferelden et à la bordure orlésienne. J'avais en tête d'entrer un peu plus dans l'empire afin de lui échapperm mais les choses étant ce qu'elles sont il faudra nous en accomoder.


(hors-jeu : Désolé pour les fautes je n'ai pas eu le temps de corriger... :S )
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Mar 29 Nov - 22:02

En écoutant Alphonse, Sarevan compris qu'il n'allait pas parler de Templiers ou de magie.
Le jeune elfe n'avait jamais entendu parler de Greagoir, et il n'y connaissait rien à la hiérarchie des Templiers en Férelden, alors il ne pouvait pas faire de lien.
Il se mit donc à douter. Peut-être qu'il s'agissait effectivement d'un bijou avec une fiole encastrée et rien de plus. Les nobles avaient parfois les idées les plus saugrenues en matière de mode. Et si celà comptait tant aux yeux d'Alphonse, c'était peut-être parce que ce pendentif faisait partie de son héritage depuis des générations ou servait à le prouver. Et ce Greagoir était un cousin jaloux qui voulait la mort d'Alphonse pour pouvoir récupérer les titres et la fortune.

Ou ce pouvait être quelque chose de complètement différent que son imagination débordante n'avait pas encore approché.

Sarevan ne savait plus quoi penser à présent. Il décida donc de ne plus y réfléchir et se concentra sur les explications que lui donnait son compagnon sans chercher à y trouver un sens caché.

Il posa une série de question en essayant de montrer son professionnalisme : Dans quelle direction se trouvait le groupe principal ? Sur quoi Alphonse basait ses déductions quant à la distance à laquelle se trouvait ses poursuivants ? Fallait-il effectivement craindre d'être pris en chasse dès le lendemain matin ? Alphonse finirait-il par être à l'abri en s'enfonçant plus avant en Orlais ? Allait-il concourir à la récupération de la fiole ou Sarevan devait-il ne compter que sur ses propres capacités étant donné le danger que ces hommes représentaient pour Alphonse ? Au cas où ils se séparent, où se retrouveraient-ils ? Si Sarevan parvenait à récupérer la fiole, que devait-il en faire ? La ramener intact à Alphonse (alors il s'agissait peut-être d'un héritage) ? Ou la détruire sur le champ (alors il s'agissait peut-être d'un phylactère) ? Alphonse souhaitait-il un sort particulier pour ses poursuivants ou Sarevan devait-il faire en sorte qu'ils ne se rendent même pas compte de sa présence ?

Le jeune elfe écouta attentivement chacune des réponses que lui donna son compagnon, essayant de retenir chaque détail qui pourrait éventuellement décider de la réussite ou de l'échec de sa mission.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Jeu 1 Déc - 2:07

La manière dont il m'avais écouté silencieusement contrasta radicalement avec les secondes qui suivirent...

Le calme céda à une série de questions énumérées au fur et à mesure qu'il semblait y penser. Son ton interrogatif et professionnel à la fois.

Légèrement pris de court, je dû lui demander de répéter les premières questions.

-Selon toute vraisemblance le groupe principal devrait se trouver à la hauteur de la passe de Sulcher, bien plus au sud. J’ai été l’un des chanceux à pouvoir traverser la passe de Gherlen avant qu’elle ne s’effondre et déjà à ce moment là j’avais plusieurs jours d’avance. Le temps qu’ils descendent jusqu’à la passe et qu’ils traversent la Dorsale, même en comptant le temps qu’ils sauvent en réalité par ce chemin, j’ai définitivement une avance sur eux.

En ce qui concerne votre inquiétude, je crois qu’elle est fondée. Je ne crois pas que les sous-fifres de Greagoir laisseraient passer une occasion pareille, surtout s’ils savent que la troupe chargée de me rattraper est loin derrière et que seul le Créateur sait où je pourrais me trouver d’ici leur arrivé à Borion. Nous ne pourrons pas compter sur un repos selon moi.


Sarevan enchaîna dès lors avec une autre question.

-Je n’en suis pas tout à fait sûr… je suppose que son influence ne s’étend pas au-delà des limites que je vous ai indiqué. Mais je ne connais pas cet homme aussi bien que je le voudrais… Conséquemment je ne peux pas répondre avec certitude. Il est clair par contre que plus je m’éloignerai de Ferelden, moins il aura de moyens à sa disposition. Je joues là-dessus pour le moment, faute de mieux.

L’elfe stoppa le flot d’interrogations le temps d'observer attentivement le sol pour me guider. Mais l’accalmie ne dura guère et il poursuivi son interrogatoire.

-C’est là que les choses se corsent... Je ne sais pas si le groupe que Borion va nous envoyer aura la fiole. Et je ne veux pas que vous vous risquiez dans cette entreprise sans certitude. L’idéal serait de les observer durant leur recherche, voir s’ils ont le pendentif. Peut-être même que vous y retourniez cette nuit peut-être pour le vérifier… Cette option nous informerait sans aucun doute sur s’ils ont le médaillon on non. Quant à mon implication, je verrais mal en quoi cela vous serait utile. J’ai décidé de vous engager parce que je sais que je n’ai pas les moyens d’accomplir cette tâche.

Ma réponse sembla stopper de nouveau Sarevan qui réfléchit un court instant. Probablement pour trouver une autre question tel qu’en attesta celle qui suivit.

-Pour le moment, l’important serait de nous trouver un endroit sûr. La dorsale abondent de ce genre de lieu alors dès que nous aurons trouver quelque chose qui accommodera ces critères, nous pourrons décider d’un plan plus élaboré. Le temps que nous arrivions là-bas Nous devrions être à l’abri de leur battue demain, même en assumant qu’ils prennent la bonne direction. Alors vous pourrez partir en éclaireur et revenir au même endroit pendant que j’y resterai en toute sûreté.

La question suivante me fit stopper. Pourquoi supposerait-il que je voudrais détruire la fiole… n’avais-je pas indiquer qu’elle m’était précieuse? À moins que…

Non c’est impensable, à moins qu’il ne connaisse bien les méthodes des templiers ils ne pouvaient connaître ces informations! La Chantrie avait-elle commencer à former le peuple à nous traquer aussi maintenant!

Mais comment serait-il au courant qu’un apostat serait dans les environs… les templiers de Borion aurait divulgué le tout publiquement! Ce ne pouvait être que la seule raison.

Me forçant à avancer, je répondis du plus naturel possible, même si l’idée que je ne me forgeais ne me rassurait guère. Faussant mon ton et me forçant à répliquer beaucoup plus brièvement pour ne pas qu’il s’en aperçoive..

-Ils ne doivent pas vous voir, rester discret et prenez le médaillon si il s’y trouve et ramener le moi.

Mes paroles n’arrivèrent même pas à me convaincre moi-même…
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Jeu 1 Déc - 21:33

Alors qu'Alphonse répondait à chacune de ses questions, Sarevan remarqua qu'ils arrivaient à un embranchement. La route menant à la mine de charbon s'écartait manifestement sur leur droite et redescendait doucement hors de son champ de vision, tandis qu'un chemin beaucoup plus étroit et escarpé continuait à grimper la Dorsale. Sarevan se demanda brièvement s'il était le produit du passage des chasseurs et trappeurs locaux, des contrebandiers ou des rares voyageurs qui n'empruntaient pas la Voie Impériale, avant de retourner son attention vers les explications d'Alphonse.
Naturellement, il choisit d'arpenter le chemin escarpé, les prospecteurs campaient sûrement à l'entrée de la mine et elle ne leur offrirait pas le refuge qu'ils cherchaient. Maintenant que son compagnon avait mis pied à terre, il était plus facile de le diriger sur le sentier montagnard et Sarevan lui était reconnaissant pour cela.

Le jeune elfe essaya de se concentrer sur ce que disait Alphonse et de n'y discerner aucune allusion affirmant ou infirmant l'une ou l'autre de ses théories bancales. Il avait conscience de ce défaut à toujours chercher la petite bête là où elle n'existait pas forcément, et cela lui avait parfois donné les pires préjugés.
Il brida donc son imagination débordante pour écouter le flot de parole d'Alphonse en essayant de maintenir son esprit impartial.
Néanmoins, il jeta un coup d’œil par dessus son épaule lorsqu'il entendit Alphonse s'arrêter derrière lui. Il répondit à ses dernières questions de manière anormalement brève et sa voix, habituellement assurée comme seules de nombreuses années d'expérience peuvent la forger, vacillait sous l'effet de ce que Sarevan pensait être de l'incertitude. Il distingua la mine déconfite que son compagnon essayait malgré tout de composer en une grimace neutre.
Quelle mouche pouvait bien l'avoir piqué ?

Cependant Alphonse venait de clore leur va-et-vient de question-réponse, Sarevan avait pourtant un dernier point à soulever, un point qui lui tenait particulièrement à cœur. S'il devait risquer sa peau contre des mercenaires, des templiers ou tout autre personnage, il aimait en avoir pour son argent.

"Cette fiole doit vous être terriblement précieuse pour que vous soyez désespéré au point d'en arriver à embaucher le premier venu." Sarevan s'arrêta, observant toujours son compagnon par-dessus son épaule. "Il semblerait qu'Andraste elle-même veille sur vous ce soir, Alphonse, pour que nos chemins se croisent de la sorte." Il se retourna pour fixer Alphonse droit dans les yeux, afin d'appuyer son propos. "Le vol et l'escroquerie sont certes mon métier, mais seulement à l'encontre de mes cibles et au profit de mes clients. Ce qu'on ne peut pas dire de tous mes semblables." Le jeune elfe cracha sur le côté pour signifier ce qu'il pensait de la déontologie de certains membres de sa branche."Ma trahison n'a pas de prix, soyez-en sûr."

Sarevan scruta encore quelques instants son compagnon en silence avant de reprendre la route.
"Néanmoins," continua-t-il en marchant, "toute besogne mérite salaire. Et, si je me rappelle bien, vous m'avez promis plusieurs mois, voire des années de mon train de vie, qui, je vous l'avouerais, n'est pas des plus extravagants." Il ponctua sa phrase d'un haussement d'épaule désinvolte. "Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais que vous me donniez une somme en numéraire pour me faire une meilleure idée de ce que vous pensez être plusieurs mois ou années de mes dépenses." Le jeune elfe sourit, car les estimations d'Alphonse seraient probablement assez loin de la réalité de la vie au quotidien dans le Bas Cloître de Kirkwall, qui était encore à présent l'échelle de référence qu'il utilisait (et le prix du passage sur le navire pour Jader ou celui d'une nuitée au Gîte de la Dorsale lui avaient paru gargantuesque).
"Par ailleurs, j'aimerais également vous faire remarquer que lorsque nous nous arrêterons cette nuit, j'aurais accompli la première tâche pour laquelle vous requériez mes services, à savoir vous faire sortir de Borion sain et sauf. Aussi je pense qu'il me serait possible de collecter mon dû lors de notre halte."

Sarevan repensa à ses théories diverses. Si vraiment il devait voler un phylactère au nez et sous la barbe des Templiers... On ne se frotte pas à 2 mètres et 100 kg de muscles boostés au lyrium sans conséquence. Si jamais il était découvert, il ne sortirait pas vivant d'une telle incartade. Les Templiers utiliserait probablement un prétexte quelconque comme "de connivence avec un mage de sang ou une abomination" pour, au mieux, l'enfermer dans un cachot pour le restant de ses jours, ou au pire, lui séparer la tête des épaules.
Hum...
Après réflexion, Sarevan préférait la décapitation, c'était un supplice moins long.
Aussi ajouta-t-il : "Enfin, si par mégarde, les choses devaient mal tourné alors que je récupère votre fiole ou que j'estime que, parce que vous ne m'avez pas divulgué suffisamment d'informations, cette mission prend une toute autre ampleur, je reverrais très certainement mes prix à la hausse."

Il jeta de nouveau un coup d’œil par dessus son épaule. "Est-ce que cela vous convient ?"
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Ven 2 Déc - 23:08

Nous venions de débuter l'ascension d’un sentiert particulièrement apique. La roche le composant ayant pris la place de la terre battue sur laquelle nous avions marché depuis notre départ de la clairière.

Ma jument piaffa de nervosité derrière moi, mais je m’assurai de rester confiant dans mon attitude pour la calmer. Du moins en apparence.

Intérieurement mon esprit bouillonnait. Sarevan n’avait pas relevé mon comportement étrange. Il ne pouvait pas ne pas avoir remarqué mon expression qui devait avoir trahi mon stress.

Ma tête spéculais. Savait-il vraiment? Sa réaction était soit camouflée comme un maître comédien ou sincère. Laquelle de ses versions étaient vraies? J’étais sûr de n’avoir rien laisser au hasard et n’avoir rien révélé. Avais-je montrer une faille sans m’en rendre compte. Si c’était le cas, elle devait être mince, j’avais été si prudent. Et pourtant il l’avait vu…

En admettant qu’il ne savait pas, j’étais sauf. Je pourrais toujours trouver une excuse pour faire passer mon arrêt pour quelque chose de bénin.

S’il savait j’allais devoir en apprendre plus. Le plus possible avant de le laisser. Je ne pouvais pas lui faire confiance entièrement, surtout pas dans l’état actuel des choses.

Ma rêverie fut stopper par l’objet de mon débat qui s’était lui-même arrêter à quelques pas de moi sur la piste.

"Cette fiole doit vous être terriblement précieuse pour que vous soyez désespéré au point d'en arriver à embaucher le premier venu. Il semblerait qu'Andraste elle-même veille sur vous ce soir, Alphonse, pour que nos chemins se croisent de la sorte."

Je le fixai avec la même intensité que son propre regard dégageait.

Dans quel camp es-tu!? M’interrogeais-je avec frénésie, incapable de décider ou de répondre à sa question.

"Le vol et l'escroquerie sont certes mon métier, mais seulement à l'encontre de mes cibles et au profit de mes clients. Ce qu'on ne peut pas dire de tous mes semblables. Ma trahison n'a pas de prix, soyez-en sûr."

Je ne déviai pas mon regard de son visage, attaché au moindre élément qui pourrait m’aider à la cerner. Écoutant son timbre de voix, observant tout ce que le peu de lueur céleste me procurait.

Lorsqu’il riva de nouveau ses yeux dans les miens après avoir exprimer clairement sa pensée, ma réponse m’apparu.

Il était sincère. J’ignorais toujours s’il savait ou non, mais mon instinct me rassura. Je pouvais me fier à lui.

L’appréhension fit place en un clin d’œil au soulagement.

L’elfe se remit à marcher. Ne pouvant dès lors pas voir le rictus naissant sur mes lèvres.

"Néanmoins, toute besogne mérite salaire. Et, si je me rappelle bien, vous m'avez promis plusieurs mois, voire des années de mon train de vie, qui, je vous l'avouerais, n'est pas des plus extravagants. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais que vous me donniez une somme en numéraire pour me faire une meilleure idée de ce que vous pensez être plusieurs mois ou années de mes dépenses."

Son haussement d’épaules désinvolte étira davantage mon sourire. Il me rappelait bien un jeune mage de son âge il y a longtemps.

Cela dit sa demande était naturelle et maintenant que je savait mieux à quoi m’en tenir à son sujet je ne rechignai pas à lui révéler le dû que je lui avais réservé pour ses services. Avant que je ne pus lui répondre, il poursuivit.

"Par ailleurs, j'aimerais également vous faire remarquer que lorsque nous nous arrêterons cette nuit, j'aurais accompli la première tâche pour laquelle vous requériez mes services, à savoir vous faire sortir de Borion sain et sauf. Aussi je pense qu'il me serait possible de collecter mon dû lors de notre halte."

À cela je dû retenir un rire. Désinvolte et légèrement impudent… il me rappelait encore plus le jeune homme que j’avais en tête...

Il conclu sa déclaration en ajoutant une dernière phrase lourde de sens.

"Enfin, si par mégarde, les choses devaient mal tourné alors que je récupère votre fiole ou que j'estime que, parce que vous ne m'avez pas divulgué suffisamment d'informations, cette mission prend une toute autre ampleur, je reverrais très certainement mes prix à la hausse."

En l’entendant, mes traits reprirent leur airs neutres et calculateurs. Il avait prit quelque courts instants avant d’ajouter cette phrase, indice qu’il devait avoir réfléchi à quelques choses qui lui avait fait jugé que cet ajout était nécessaire peut-être.

En revenant à mes interrogations j’analysai sa dernière phrase. S’il ne savait pas, son ajout prouvait qu’il ne me faisait pas entièrement confiance sur le sujet. À moins qu’il souhaitait éviter de mauvaises surprise par conscience professionnel. Il avait fait preuve d’expérience dans les questions qu’il m’avait posé.

S’il savait, ce n’était qu’un avertissement peut-être. Histoire de me prévenir que le succès de la mission que je lui confiais reposait aussi sur moi et ce que je décidais de lui dévoiler…

Mon esprit fut de nouveau interrompu par Sarevan qui me lança un coup d’œil tout en marchant.

"Est-ce que cela vous convient ?"

Je l’observai quelque seconde et je me résolu à régler la question une fois que nous nous serions arrêté.

-En effet vous ne vous trompez pas mon ami, lui dis-je d’un ton aimable et naturel (pour faire changement…). Cette fiole m’est précieuse et dans le contexte actuel je ne pouvais pas tourner dos à l’aide qu’Andraste m’a envoyé pour me sortir de là. Aussi comme vous l’avez soulevé, vous serez rémunéré comme il se doit en partie ce soir. Vous m’avez fait sortir de Borion et pour cela je vous en suit reconnaissant et conséquemment vous recevrez la moitié des gages que je vous ai réservé, soit 10 souverains d’or.


Je détournai mon regard, pour admirer l’immensité de la région que nous pouvions contempler mieux malgré la noirceur grâce à la hauteur où nous étions.

-Pour ce qui est de votre avertissement, sachez qu’il est noté, je verrai si je peux ressasser n’importe quel élément dans ma mémoire pouvant vous donner un meilleur portrait de ce qui vous....

Ma phrase fut interrompue l'odeur d'un léger fumet qui me surprit...

De la cuisson!?



(hors-jeu : peut-être quelques fautes... mais je crois pas que ce soit la catastrophe comme la dernière fois...)
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Uldar
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Sam 3 Déc - 0:27

Et quel fumet ! Il y avait, dans la lourde odeur, grasse et dépourvue de tout raffinement une promesse d'abondance qui savait mettre l'eau à la bouche aussi bien que les mets les plus raffinés. Un appel aux bas instincts humains, primaires, si faciles et si jouissifs à satisfaire.

Pourtant, le chemin rocailleux ne semblait faire montre d'aucun campement, d'aucun feu visible... Et pourtant l'odeur était là, tenace, et alors qu'on s'écartait légèrement du chemin, elle devenait plus forte, et plus reconnaissable. Des grillades. Du chevreuil. Un rien d'épices pour couronner le tout... Pas forcément les plus judicieuses d'ailleurs.

Alors, sous la pâle lueur nocturne, un chemin se dévoilait lentement, quasiment invisible dans les renfoncements rocheux et traîtres de la piste. Et ce qui les attendait dans ce chemin fut... La mort.

Celle de deux brigands pour être précis, à en juger par les vêtements sombres et sales des cadavres. Ils avaient déjà été fouillés, mais étrangement peu pillés. Leurs corps baignaient dans du sang encore frais. Ils n'avaient pas plus de quelques heures. L'odeur du sang cachée derrière celle, bien plus séduisante, gigot de chevreuil, avait attendu le dernier instant pour se faire sentir. Les cadavres n'avaient reçus qu'un coup, puissant, qui avait pénétré la protection de cuir, les chairs, les os et, pour le second, visiblement une de ses dagues. Mais il ne semblait pas pour autant s'agir d'une exécution, les deux coups portés l'ayant été de face et la position des corps montraient qu'ils s'étaient défendus. Pas bien longtemps par contre. Un éclat rougeâtre dans leurs bouches légèrement entrouvertes laissait entendre que quelqu'un avait glissé une piécette de bronze dans leur bouche.

Un peu plus loin sur le chemin, un homme, vieux, aux cheveux d'un sombre que les flammes de son feu n'arrivaient pas à éclaircir, entretenait les épaulettes et les cuissardes de son armure avec un chiffon graisseux, chassant la plus petite tache de rouille, tout en surveillant son dîner.

D'ailleurs, pour quelqu'un sans poêle ou marmite, il s'était plutôt bien débrouillé. Sur le cercle de pierre entourant son feu, il avait disposé une grosse pierre plate, sur laquelle il avait disposé différentes pièces de la bête... Qui gisait, éventrée et consciencieusement dépiautée. Un chevreuil, comme l'odeur laissait entendre, pas forcément une belle bête, mais une rançon bien suffisante pour un homme... Ou deux ! Ou trois !

Encore une fois, le cadavre ne portait qu'une seule trace de blessure, par lame, qui avait été fatale.

Mais qui était assez con pour chasser le chevreuil à l'épée ?

Le guerrier, qui portait son haubergeon, sa cotte de maille et son plastron, ayant enlevé le bas de son armure, ses épaulières et ses gantelets, glissa un regard morne sur les arrivants.

Il ne réagit pas.

Son épée, dont la taille et la largeur la désignaient comme une épée dite bâtarde, était plantée à portée de main dans le sol rocailleux, et était toujours dans son fourreau...

Il avait enfoncé un fourreau dans le sol ?!

L'homme ne les regarda qu'un instant puis, alors qu'un silence embarrassant s'installait, prit la parole. Sa voix grave et rocailleuse ne souriait pas, mais elle n'était pas hostile non plus. Plus qu'autre chose elle semblait... Désintéressée.

'Venez partager mon feu et mon dîner je vous prie."


Il se tût un instant, comme s'il cherchait ses mots... Ou un protocole d'usage.

"Il se fait tard pour voyager et il est d'usage d'offrir son hospitalité, quand elle est possible. Ce qui est le cas. Venez donc."

Seuls les éclats des flammes sur son visage peignaient son expression alors qu'il parlait ainsi, comme s'il s'agissait de l'affaire d'un autre. Pourtant, il ne semblait pas hostile et n'essayait visiblement pas de les provoquer. Même si quelque chose n'allait visiblement pas chez lui.
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Dim 4 Déc - 20:56

Lorsqu'Alphonse s'interrompit pour doucement humer l'air, Sarevan ne put réprimer la légère quinte de toux qu'il sentait venir depuis qu'il avait entendu de quelle façon il serait rémunéré et qui se transforma vite en rire désabusé. Vingt souverains d'or pour le sortir de Borion et lui récupérer une fiole !?! Même un gros boulot, comme le cambriolage foiré qui l'avait mené en prison, n'aurait rapporté que quatre ou cinq souverains d'or sur lesquels sa part, après que les autres participants au casse et la Coterie aient récupéré leur dû, n'aurait pas excéder les vingt-cinq pièces d'argent. S'il avait sû qu'il lui suffisait de sortir de Kirkwall pour dégoter ce genre d'emploi, il l'aurait fait plus tôt.
Alphonse n'avait manifestement aucune idée des prix d'embauche de "petites mains" comme lui. Et Sarevan n'allait certainement pas s'en plaindre, même s'il craignait que son soudain éclat ne fasse réaliser son erreur au voyageur...

Et alors, il comprit ce qui avait couper court au discours d'Alphonse. Sans doute, la perpective de tant de richesse lui avait tourné la tête et l'avait momentanément éloigné de l'instant présent, de ces effluves de chevreuil roti. Il se morigéna intérieurement pour s'être laissé à ce point distraire.
Il discerna un renfoncement rocheux s'ouvrant discrètement sur leur droite et jeta un nouveau coup d'oeil prudent à Alphonse avant de s'engager le premier sur ce sentier. S'il y avait quelqu'un sur leur route, mieux valait savoir s'il(s) représentai(en)t une menace.

Il faillit buter sur deux cadavres étendus en travers du chemin. Il apprécia d'un regard critique la manière dont ils avaient été tranchés et comment leur bourreau avait eu la décence de leur payer le passage dans l'après-vie. Il s'agissait du travail d'une seule personne, d'un homme dangereux à en juger par ce qu'il avait sous les yeux. Il se retourna vers Alphonse et lui fit signe de ne pas faire de bruit avant de continuer vers l'origine du fumet.

Il s'arrêta sous le couvert des arbres à la lisière du campement et se tapis pour observer cet homme simplement assis à surveiller son chevreuil en train de cuire avec les preuves manifestes de sa force et de ses prouesses de combat tout autour de lui. Les poils se hérissèrent sur la nuque de Sarevan et une petite voix dans les tréfonds de son être lui criait de s'en retourner et de prendre ses jambes à son cou. Et il aurait sérieusement envisagé de l'écouter si Alphonse n'avait pas été derrière lui pour d'une part lui barrer le chemin et d'autre part lui rappeler par sa présence qu'il était actuellement son obligé.
Aussi s'efforça-t-il de garder contenance et de réprimer son instinct primaire.

Malgré les précautions du jeune elfe, le guerrier les avait repérés et son regard morne passa sur eux sans aucun signe de surprise. Sarevan maudit son ventre qu'il suspectait de l'avoir trahit en grommelant lourdement sous l'effet de l'odeur appétissante et sortit du couvert des arbres pour s'approcher de manière plus franche dans le cercle de lumière du feu de camp. Il attendit dans l’expectative qu'Alphonse ou l'inconnu prenne la parole. Le silence se prolongea jusqu'à ce que le guerrier les invite à partager son feu.
Sarevan lança un regard lourd de sens à Alphonse. Si ce sur-homme n'exprimait aucune hostilité à leur égard et les invitait à passer la nuit ici, ils seraient peut-être plus en sécurité à ses côtés que dans une grotte de la Dorsale en cas d'attaque de leur poursuivants. D'autant plus que Sarevan craignait qu'Alphonse ne puisse plus continuer bien longtemps sur ce rythme effréné. Il avait déjà passé la journée sur le dos de sa jument, leur sortie en trombe du village de Borion avait sûrement mis à mal ses nerfs et ils avaient déjà grimpé une distance notable sur les flancs de la Dorsale. Il était certain que la fatigue n'allait pas tarder à réclamer son dû...

Néanmoins, il y avait quelque chose qui clochait. Sarevan observa le guerrier cherchant à déceler dans sa posture et sur ses traits ce qui le rendait mal à l'aise. Peut-être était-ce le ton, neutre au point d'en être froid, qu'il avait employé pour les accueillir ? Entre ça et sa première impression, il y avait de quoi se poser des questions...

Le jeune elfe s'effaça sur le côté pour laisser Alphonse prendre la parole et décider s'il jugeait bon de rester là, en compagnie de l'étrange guerrier, pour le reste de la nuit, tandis qu'il pondérait sur le mystère qui entourait cet inconnu, la mine concentrée, un doigt jouant négligeamment avec son oreille droite.



(OOC : Désolée si je fais pas avancer les choses mais étant donné que je fais plus ou moins jouer le rôle de garde du corps à Sarevan, je le vois mal prendre les décisions et faire les présentations.)
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Mer 7 Déc - 3:25

L’odeur de cuisson planait dans l’air ambiant. À ma surprise générale.

Le sentier est occupé…?


Mais l’odeur me fit rapidement rendre compte d’un détail non-négligeable et que j’avais pourtant négligé. J’étais affamé

C’était logique, après tout je n’avais rien avaler depuis la mi-journée lorsque je m’étais arrêté pour me restaurer d’un repas frugal, rien à part une pinte d’hydromel qui n’est pas le summum de la nutrition. Mais en même temps, je pouvais justifier cela. Après tout, à la même heure du jour quelques cloches plus tôt je m’imaginais dormir dans un lit douillet, pas fuir des templiers dans les étendues sauvages de la Dorsale du Givre!

Et misère… pensais-je en me remémorant les derniers événements.

Mais une nouvelle bouffée d’air chargé de l’effluve alléchante me ramena vite à l’ordre.

J’allais suggérer à Sarevan de rejoindre la source de l’effluve, histoire de voir si on pouvait négocier une part du gibier. Mais déjà il s’était aventuré vers la provenance du fumet.

Resserrant mon manteau autour de moi et ajustant mon capuchon, je lui emboîtai le pas, en faisant attention à guider mon cheval sur le chemin approprié.

En s’éloignant du chemin un petit boisé clairsemé s’étendait sur une courte distance avant de laisser place à un petit chemin tortueux niché dans une fissure se trouvant elle-même dans le flanc rocheux de la montagne.

L’endroit était étroit et je dus rassurer ma monture à grand renfort de caresse encourageante et de chuchotement apaisant avant qu’elle daigne avancer. Sarevan ne semblait pas avoir porté attention au léger retard que j’avais pris.

Le passage était court, et il débouchait sur une petite zone dégagée entouré de hauts remparts de pierres autour desquels un petit boisée encore plus clairsemé se trouvait. L’un des 4 remparts de pierre sur notre gauche était bien moins apique, inclinée en pente légèrement raide vers les profondeurs de la Dorsale de laquelle on voyait les silhouettes massives se continuer au loin. Un spectacle sans doute époustouflant sous la lumière du jour.

L’image à couper le souffle que je m’imaginais fut vite remplacé par le spectacle beaucoup moins beau des deux cadavres morts à la sortie du passage…

L’odeur écœurante était masqué par la cuisson, mais si proche des deux pauvre ladres, elle restait forte.
Je retenus un grognement en plaçant ma main devant la bouche, l’estomac retourné.

Alors que je m’étais immobilisé, Sarevan avait tourné à gauche dès notre sortie pour s’abriter sous l’ombre des quelques symboliques arbres près de lui en s’approchant subtilement du feu qui illuminait le centre de ce petit espace. Un feu particulièrement intense considérant la quantité de pièce de viande qui y cuisait.

L’homme assit près du feu était l’antipode de l’hospitalité. Physiquement il était gigantesque, ses cheveux noir de jais et sa vieillesse mixée avec ses beaucoup trop nombreuses cicatrices n’inspiraient à personne de lui cherche des noises.

L’elfe sembla partagé cette idée car je le sentais tendu à mes côtés.

J’étais encore entrain de jauger l’étranger lorsque son regard se tourna vers nous, directement, comme s’il savait où chercher.

Nous nous regardâmes sans rien dire pendant quelques secondes.

Puis, l’elfe, décida de sortir de notre cachette. Légèrement hésitant, je l’accompagnai sans réchigner.

Nous attendîmes que l’inconnu veuille bien débuter la conversation, étant donné que nous étions les intrus, il semblait naturel qu’ils posent la question légitime de « Que voulez-vous? ».

Nous avons attendu en vain, rien ne laissant présager que l’inconnu allait prononcer le moindre son superflu. Astiquant son armure à la place.

Alors que je m’apprêtais accomplir la lourde tâche de briser le silence malaisant qui régnait. Le guerrier lâcha d’un ton qui ne m’aida en rien à me sentir mieux. Ce dernier était d’une neutralité extrême, terne, froid et plus que tout désinteressé…

"Venez partager mon feu et mon dîner je vous prie. Il se fait tard pour voyager et il est d'usage d'offrir son hospitalité, quand elle est possible. Ce qui est le cas. Venez donc."


J’haussai un sourcil sous mon capuchon. L’arrêt qu’il avait pris entre la première et la seconde phrase ne me rassura guère. J’avais de plus en plus l’impression qu’on le gênait malgré ses paroles…

Mettant mes appréhensions de côté, je tournai ma tête pour jeter un coup d’œil à Sarevan dont je sentais le regard.

Comme de fait il me fixait, et l’intensité qu’il dégageait me fit rendre compte qu’il avait quelque chose qu’il tentait de me communiquer. La lumière du feu m’aida et je crû discerner un envie de rester sur place avec l’inconnu (et je dois reconnaître que mon estomac me le commandait avec autant de ferveur). Cela dit n’ayant rien prononcer, je dus en rester à mes déductions.

Et puis au fond… rien ne nous empêche de partir plus tard s’il le préfère.


J’inspirai profondément une dernière fois avant d’affronter de nouveau le regard morne du guerrier qui n’avait pas sourciller. Laissant mon capuchon retombé sur mes épaules d’une main pour lui dévoiler mon visage.

-Ce serait un plaisir Messere! Merci infiniment de votre générosité, dis-je avec la plus grande politesse. Alphonse Garois et voici mon jeune associé Sarevan.

J’enjoignit l’acte à la parole en le désignant d’une main.

-Nous acceptons votre offre avec joie monseigneur. Si vous voulez bien me permettre de décharger ma monture de son fardeau, je vous rejoins dans quelques instants.

Après m’être poliment incliné, je me tournai vers le jeune elfe.

-Inutile de m’attendre Sarevan, prenez place et restaurez vous à votre guise, je vous rejoindrai.


Sans attendre sa réponse je fis demi-tour vers la lisière du bois. Attachant la longe de ma monture autour de l’arbre le plus proche.

Je dessellai la pauvre bête, mettant mes sacoche de selle à même le sol avec mon sac à dos, mon bâton emmailloté et mes besaces.

Puis je m’attaquai à l’étape la plus difficile, la scelle. Elle était lourde et il me fallut me prendre à quatre fois avant de la faire débarquer du dos de ma jument. Son poid considérable me tira vers le sol et il me fallut mobiliser toutes mes forces pour ne pas la suivre.

Grognant et titubant, je réussis néanmoins à la faire tomber sur une roche à proximité.

Ce n’est qu’en la soulevant que je me rendis compte d’un autre facteur non-négligeable et que j’avais pourtant négligé. Mon corps était complètement épuisé. Avec toutes les péripéties et le stress des dernières cloches, sans compter ma journée de voyage, mon cœur mourrait d’envie d’une couette douillette!

Grognant sous mes muscles endoloris, je m’accotai contre un arbre près de celui où j’avais attaché mon cheval.

C’est peut-être un peu tard pour me lancer dans des épopées pareil…


Faisant fît de la douleur, je me dirigeai vers mes effets que je rassemblai.

Maintenant que nous avions trouvé un endroit assez sûr pour la nuit, je me mis à réfléchir.

Sarevan étant digne de confiance, j’avais planifié de lui dire la vérité une fois que nous nous serions arrêté. Il méritait de savoir, et qui plus est, il m’avait fait bien comprendre que l’avenir de la réussite de cette mission dépendait autant de moi que de lui. Si jamais il réagissait négativement, il n’avait nulle part où se cacher dans ces montagnes et j’aurais tout le temps de lui faire entendre raison.

C’était ce que j’avais en tête avant de trouver ce campement.

Le guerrier n’avais pas été hostile à notre arrivée, mais je ne pouvais m’empêcher de me demander quoi faire avec lui.

J’avais embarqué le jeune elfe dans cette histoire parce que je voulais me protéger en évitant qu’il ne divulgue des informations d’une part, mais aussi parce que je craignais de ce qu’il aurait pu lui arriver si les templiers l’avaient attrapé. Ils auraient sans doute été aussi enclin à le croire qu’à l’enfermer pour tenter de me retrouver.

Mais je n’avais aucune idée de la manière dont j’allais devoir gérer la présence de cet homme. J’avais amplement les moyens de l’embarquer lui aussi dans la récupération de la fiole, mais la vérité était que je ne souhaitais pas tuer les templiers. J’avais beau les détester, s’il fallait que je prouve mon point je ne pouvais démontrer d’hostilité. Mon but était de retourner au Cercle un jour, preuve à l’appui de l’efficacité de ma théorie.

Si jamais mes poursuivants trouvaient le moindre mort sur ma trace, il ne se démèneraient pas plus que nécessaire pour m’en attribuer le meurtre. Que ce soit ma responsabilité ou pas.

Or, alors que je savais que Sarevan reposerait que sur son sens de la furtivité pour aller chercher la fiole, et que même s’il devait se défendre pour quelques raisons que ce fut, il n’arriverait probablement pas à vaincre un templier accompli armuré de pied en cap. Le guerrier lui semblait en être plus que capable… juste de voir assit à astique son armure me donnait froid dans le dos.

Je me relevai, les bras pleins de tous mes effets et la mine concentrée.

Je vais attendre un peu et tâter le terrain pour explorer mes options… C’est ce qu’il y a de mieux à faire.


Sur ce conseil, je pris un air plus détendu et je m’approchai de nouveau du feu.


(Hors-jeu : Je veux vous prévenir que je ne pourrai pas écrire de réponse avant mardi prochain, je suis en fin de session et j'ai besoin d'étudier. Alors prenez votre temps pour répondre! Wink )
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MessageSujet: Re: Retour aux sources   Ven 9 Déc - 1:45

Lorsque Alphonse le présenta, Sarevan abaissa légèrement la tête et le buste en signe de salut, un sourire fugitif sur les lèvres. Son jeune associé ? Ce n'était pas l'appellation qu'il avait l'habitude d'entendre et cela lui fit plaisir.

Sans attendre que l'étranger se présente, le jeune elfe s'approcha du feu et s'assit sans trop de cérémonie à distance respectueuse tout en faisant glisser son paquetage à ses côtés.
Il fit attention à garder Alphonse dans son champ de vision, au cas où. Et c'est ainsi qu'il put voir avec combien de difficultés ce dernier descella sa jument. La scène un brin ridicule le fit sourire. Il aurait bien aider Alphonse mais - le Créateur l'en préserve - il n'irait pas s'approcher de l'équidé s'il pouvait l'éviter.

Sarevan sortit sa gourde de son paquetage et but quelques gorgées. Il espérait que la viande serait bientôt prête car son ventre se manifestait de plus en plus souvent.

En attendant, il procéda à quelques étirements. Oh ! Il n'était pas vraiment sorti indemne de son échappée sportive de l'écurie du Gîte de la Dorsale. Il pouvait sentir plusieurs points sensibles sur son corps qui ne tarderaient pas à bleuir si ce n'était déjà le cas. Il passa un peu de temps à fouiller son paquetage, sortant gamelle, vêtements de rechange, rations de voyage et autre bric-à-brac qu'il éparpilla autour de lui. N'avait-il pas un onguent pour ce genre de problème ? Ne trouvant pas ce qu'il cherchait, il finit par abandonner et réarranger ses affaires dans un ordre douteux.

A la réflexion, il garda déballées certaines des victuailles qu'il avait dégotées auprès de la femme de l'aubergiste qu'il déposa près du cuisinier afin d'accompagner leur repas. Sarevan se pencha en passant devant les morceaux de gibiers disposés sur les pierres et vérifia la cuisson avec le bout de son couteau. Satisfait, il retourna à sa place de l'autre côté du feu. Leur mystérieux hôte ne semblait pas avoir changer de position, toujours en train d'astiquer son plastron avec des gestes mécaniques dénotant sa longue expérience du port d'armure. Le jeune elfe hésita à lui adresser la parole, ne sachant trop quelle réaction cela provoquerait, et il chercha longuement ses mots avant de se lancer.

"J'ai vu que vous vous étiez défendu contre des bandits. Ça ne doit pas être facile de voyager seul, surtout sur un chemin si peu et probablement mal fréquenté, Messere..."

Il y avait une certaine ironie à ce que lui-même et peut-être Alphonse également fassent partie de ces mauvaises fréquentations...
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